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vendredi 13 mars 2015

Les musiques de Louisiane (3) : laissez les bons temps rouler !

Enseigne d'un bar dans le Garden District de la Nouvelle Orléans, sur Magazine street.
Dernier volet de notre trilogie sur les musiques de Louisiane : le Zarico, ou Zydeco pour les anglophones. Si cette musique ne vous fait pas bouger comme un alligator dans un étang de sauce piquante, il faut consulter cher !

La musique entraînante des créoles noirs et métisses s’épanouit principalement dans la province rurale de l'Acadiana, aux côtés de la musique cadienne. Pour des précisions sur l'emploi du terme " créoles " en Louisiane, je vous renvoie sur le blog Un bougre du bayou.


Longtemps absent des radios, le Zarico aurait disparu sans l'intervention de musicologuesCette culture a depuis repris du poil de la bête grâce notamment aux nombreux festivals invitant les artistes à se produire (cf. fin de l'article) ! 

Les premières traces de cette musique datent de 1928. Le Zarico est le cousin noir du style cadien mais un style original avec ses particularismes rythmiques (syncope et blue note (degré altéré de la gamme chromatique)) et instrumentaux (accordéon et frottoir). 

Frottoirs en vente sur le marché du festival acadien et Créole de Lafayette 2011
Pour s'initier au frottoir avec des décapsuleurs, visitez le site de " Key of z rubboards ".

Ses influences proviennent du jazz et des héritages africain, français, indien et antillais. Au début, les créoles noirs s'inspirent des berceuses, ballades, complaintes chantées a capella (“jurées”) mais aussi Calinda (danse du XVIIIème en Martinique et Guadeloupe). Le “French Lala” désignait les premiers bals créoles. " Lala " désignant une dance ou un bal en langue créole.

Si la musique cadienne a été influencée par la country et le rock, le Zarico, lui, a connu l'influence du Blues, du Rythm and Blues et de la Soul. Le producteur cadien Floyd Soileau disait : “Le Zydeco c'est du blues avec un accent”.

La danse : on ne peut rester en place devant un concert de Zarico. Sur sont site internet, C.J. Chenier dit " Quand on joue du Zarico, on voit les chaussures voler à travers la pièce. Vous ne pouvez pas venir à mon spectacle et rester grognon toute la soirée. Vous allez vous dérider et taper du pied assez rapidement. Cette musique rend heureux et fait danser les gens.” 
Regardez votre voisin et lancez-vous ! Deux pas à gauche et deux pas à droite, avec un petit demi-temps pour marquer le déhanché et vous voilà en bonne voie pour vous amuser toute la soirée...


Voici ma sélection de musique Zarico :



1) “Bon temps roulet” par Clifton Chénier :





Maxime traditionnelle des créoles noirs, cette expression incarne l'esprit du carpe diem. Hymne quasi officiel du Zarico, il vous invite à laisser les bons temps rouler (l’orthographe varie car la langue s'est transmise principalement oralement).

J'ai trouvé tout un tas de paroles différentes pour cette chanson. C'est dire si c'est un classique revisité ! Mais je préfère vous conseiller le site de Cajun lyrics qui propose une version bilingue.


Clifton Chénier : " The King ", le père du Zydeco. Né en 1925 aux Opelousas dans une famille de fermiers musiciens, il se considérait comme un français pur souche de la campagne de Louisiane.“Ma musique c'est pas compliqué. C'est rien que de vieilles danses françaises avec un peu de swing pour faire bouger les gens”. Il a toujours dû faire des petits boulots en plus de ses concerts. A l'époque c'était très difficile d'enregistrer des vinyles. Il a joué “Jolie Blonde” (un classique cadien) au Carnegie Hall et pour Reagan à la Maison Blanche. Il est le premier musicien Créole à gagner un Grammy Award (en 1983).
Dans la famille Chenier on est infatigable : Clifton pouvait jouer 4 heures sans pause ! Malgré des hospitalisations répétées pour des problèmes de reins, il est mort pratiquement sur scène en 1987. Son fils C.J. Chenier et son Red Hot Louisiana band a repris le flambeau et fait en moyenne 300 dates par an !


2) " Les (Z)haricots sont pas salés " (faites la liaison) :


Chantée par Clifton Chenier et bien d'autres artistes, cette chanson emblématique de la musique cadienne est à l'origine de l'appelation "zydeco" (haricot-zarico-zydéco). Ce thème est repris par les créoles noirs car ils se reconnaissent dans cette nourriture des populations pauvres où le légume de base n'était pas salé. Le titre signifie qu'ils se débrouillaient pour manger, mais tout juste pour survivre. Pour les français, l'équivalent serait l'expression "mettre du beurre dans les épinards" (ou pas !) Puis le terme " Zarico " devient le nom des bals et enfin de la musique des créoles noirs.
Les paroles sur Cajun lyrics.


3) « Zydeco junkie» par Chubby Carrier et son groupe Bayou Swamp :


Chubby Carrier : né en 1967 dans une famille de musiciens professionnels. Il représente la 3ème génération d'artistes Zydeco. A 15 ans, il était déjà sur scène avec son accordéon. En 1989, il crée le Bayou Swamp band. Il remporte en 2010 un Grammy award dans la catégorie " meilleur album cajun ou zydeco. "

Lien vers les paroles, (dans Store puis Lyrics) où l'artiste dit ses influences rock, soul et blues. Mais aujourd'hui il est drogué au Zarico car c'est la seule musique qu'il souhaite jouer !


4) Geno Delafosse et le French Rockin' Boogie :




Geno Delafosse : la big star ! Lui aussi vient d'une famille de musiciens. Commence par le frottoir, puis la batterie et enfin l'accordéon. Il se réclame, comme tout bon musicien zarico, d'artistes comme Canray Fontenot, Iry Lejeune, Amédée Ardoin (le premier musicien créole à jouer du blues avec l'accordéon).


5) Corey Ledet and his Zydeco band


L'artiste fait ici la promotion de son album "Destiny".

Corey Ledet : originaire du Texas mais proche de la culture créole de Louisiane grâce à sa famille, il joue depuis l'âge de 10 ans en commençant par la batterie puis s'initiant à toutes les sortes d'accordéons. Il intègre toutes les influences des musiques cadienne et zarico en modernisant le style. Aujourd'hui il vit en Louisiane.

Photo prise au Café des Amis (Pont Breaux) pour un brunch dansant à 8h du matin !


6) La Charité par Cédric Watson

Dans cette vidéo, les musiciens interprètent « La Chanson des Mardi Gras ». Un thème repris pendant le courir du Mardi Gras par les participants afin de demander de la nourriture aux fermes visitées. Le mélange de ce qu'ils auront glané va devenir un Gumbo, soupe traditionnelle cadienne. C'est le nom de cette soupe que Cédric Watson utilise lors de son interview pour parler des différentes influences de son groupe Bijou Créole, entre cadien, country, R&B, jazz et créole. Il raconte également son enfance pauvre avec sa grand-mère texane. Après avoir écouté des albums de musique cadienne, Cédric a convaincu sa grand-mère de lui acheter sa première guitare, puis son premier violon, à 18 ans. Un magnifique cadeau, bien utilisé ! Il joue également de l'accordéon et grossi les rangs des défenseurs, par la musique et sa langue française, de la culture créole noire en Amérique.


Pour finir, il faut savoir que tous les artistes de Louisiane jouent énormément, dans la rue, les clubs et les nombreux festivals. Ils sont rompus à l'exercice de la musique live et paraissent infatigables. C'est un vrai bonheur de les écouter ... en dansant !



Autres groupes de Zydeco :
Gamblers, Road Runners, Cha Chas ou Bad Boys, ...


Ecouter du Zarico en concert :




Liste des lieux de concert à Lafayette : http://www.lafayettetravel.com/ideas/itinerary-ideas/music-mecca

Dont les indispensables :
Festival Acadien et créole : http://www.festivalsacadiens.com/

Festival International de Lafayette : https://www.festivalinternational.com/site.

A lire : Les Haricots sont pas salés de Philippe Krümm et Daniel Rouiller (Editions Silène)
Ressources : 
"Louisiane, musique cajun, zydeco et blues" Sebastien DANCHIN, PUF, 1995. 
L'excellent film de M. Gladu : « Marron, la piste créole en Amérique ».




samedi 19 juillet 2014

Les musiques de Louisiane (2) : lâche pas la patate !

Drapeau de l'Acadiana au premier plan, puis celui de la Louisiane et enfin le drapeau américain.

La musique est très riche en Louisiane, particulièrement à la Nouvelle Orléans. Cependant, les artistes ont trouvé d'autres terrains de jeux. La ville de Lafayette, et toute l'Acadiana, conserve et fait vivre des musiques entrainantes à souhait.  Nous allons parler dans cet article de la musique cadienne. Alors, prêts à danser ?!

Tout d'abord, il me semble que c'est principalement grâce à la musique que l'identité culturelle cadienne a su rester si vivante en Louisiane. Depuis les années 80, l'immersion française dans les écoles publiques de l'Etat permet à la jeune génération de relever le défi de comprendre les paroles des anciennes chansons et d'écrire de nouveaux morceaux en français. Les nombreux festivals, où musique et spécialités culinaires sont de mises, représentent autant d'occasion de danser et d'écouter de la musique.


Concert au festival de l'omelette géante (oui, oui !) d'Abbeville.
On trouve dans le sud de la Louisiane, l'Acadiana (province où l'on parle le plus français en Louisiane) 5 à 7 % de francophones. Selon les sources les chiffres varient (beaucoup) entre 260 000 et 700 000 cadiens ! Ils ont composé des chansons qui aujourd'hui font partie du répertoire traditionnel. Nous ne parlerons pas ici des hymnes religieux du dimanche bien qu'ils aient une importance certaine pour une communauté de fervents catholiques.


Pour un rappel de l'histoire des Cadiens, je vous laisse aller sur cet article.

Vocabulaire : 
Le "lâche pas la patate" du titre de l'article correspond à une expression très utilisée et même à une chanson et une danse (les couples doivent faire tenir entre leurs fronts une patate). Elle encourage à tenir bon !

Fais dodo : c'est le nom donné aux bals de maison du samedi soir. A l'époque où les Cadiens étaient des fermiers ou pêcheurs isolés des villes et de leurs voisins, ils organisaient une fête en commun le week-end. L'un d'eux proposait sa maison, la vidait de ses meubles pour faire de la place pour l'orchestre et les danseurs à l'intérieur. Qui savait jouer du violon, qui du triangle qui de la guitare. Les chansons du répertoire étaient connues de tous. C'était, et c'est encore, l'occasion pour les jeunes musiciens de jouer pour un public. Aujourd'hui, on appelle encore "Fais dodo" un bal organisé en plein air le week-end. Mais d'où vient ce nom ? Et bien, à l'origine les familles étaient nombreuses (souvent 10 enfants) et il n'y avait pas de baby sitter. On aménageait une pièce pour que les enfants puissent dormir pendant que les parents dansaient. A la fin du bal, ils allaient discrètement dans la pièce sombre récupérer leur progéniture. On raconte que certains se trompaient d'enfants ! Mais que la messe du lendemain permettait de restituer les bébés à leurs véritables parents...


Les instruments :
Le violon, apporté avant la Révolution par les fils d'aristocrate et de marchands. Mais aussi l'accordéon diatonique (à partir du XIXème via les immigrants d'Allemagne). La guitare (dès 1898, venant du Mexique et du Texas) et la contrebasse. 

Jules, musicien au musée Vermilionville de Lafayette


Au début, il fallait choisir entre l'accordéon et le violon car ils ne faisaient pas bon ménage. Jusqu'au jour où de nouveaux accordéons ont permis de jouer avec les violons. Les violons se retrouvent alors accompagnateurs, au même titre que la guitare. 

Merlin, musicien au musée Vermilionville de Lafayette

Pour le rythme, on utilise le triangle (ou "ti-fer"), les cuillères frappées l'une sur l'autre, la planche à laver (ou frottoir) mais aussi les mains et les pieds. La clarinette, le biniou, la vielle et la trompette sont importés du Poitou et de Bretagne. Le piano étant trop fragile dans un climat subtropical humide et intransportable c'est l'harmonica qui était le plus utilisé pour les bals. Le chant n'est pas très plaisant à écouter dans les vieux enregistrements. Sans micro, l'interprète devait s'égosiller ...


Brève histoire de la musique :
Nous n'avons que peu d'écrits sur la musique cadienne car la transmission se faisait oralement, de génération en génération. Les premiers enregistrements ont lieu grâce aux ethnomusicologues des années 1930. La musique cadienne est un mélange d'influences allemandes, espagnoles, écossaises, irlandaises, antillaises et indiennes à partir d'une base traditionnelle (rondes importées de France, valses et polkas d'Europe centrale, jigs et reels celtes). On retrouve dans la musique cadienne ancienne la tonalité plaintive bluesy inspirée des esclaves notamment. On pense aussi aux ballades et comptines, aux chansons à boire et autres chants de soldats issus de la France du Moyen-Age, de la Renaissance et du XVIIème. Les couplets sont souvent adaptés de nouvelles paroles. "Cadet Roussel" fait partie de ces chansons.


Le premier disque date de 1928 avec les standards "Allons à Lafayette", "Valse qui m'a porté en terre", "Jolie blonde", etc. Puis, la radio a imposé de nouveaux genres de musique comme le western swing, la country que les cadiens ont incorporé en partie dans leur style pour continuer à jouer et faire danser.
1965 marque la renaissance de la musique cadienne traditionnelle chantée en français.. Des labels indépendants voient le jour comme "Fais dodo", "Cajun classics" ou "Kajun". Mais le rock'n'roll constitue une vraie menace pour l'identité culturelle cadienne. Pour empêcher cette musique de tomber dans l'oubli il a fallu l'aide des ethnomusicologues pour pousser les programmateurs de concerts à considérer la musique cadienne comme folk, l'encouragement du festival de musique cadienne dès 1974, l'engagement du violoniste Dewey Balfa et la création du CODOFIL en 1968 pour la préservation du français à l'école publique (programme d'immersion française). Aujourd'hui, des artistes comme Michael Doucet, Zachary Richard ou Wayne Toups font évoluer leur musique tout en se réclamant de la tradition francophone.



Ma sélection de titres :
1) Pour une vidéo du tube cadien "Dans la porte en arrière" par le groupe Jambalaya (les vieux de la vieille !) et un court extrait du jeune groupe Feufollet, rendez-vous à l'article "Downtown Lafayette".

La version avec le compositeur DL Menard :


Il dit que c'est sa chanson préférée. Elle raconte ses escapades, à toujours passer par la porte de derrière après le bal ou même pour sortir du bureau du shériff après une interpellation !

2) Trouvez dans cet article la vidéo de la chanson du Mardi Gras cadien lorsqu'on demande la charité ainsi que toutes les explications concernant le contexte.


3) Zachary Richard et l'émouvante chanson « Réveille » :


Le tee-shirt du deuxième chanteur rappelle la date du Grand Dérangement : 1755.
Les paroles sont sur son site officiel. Toute la trajectoire des Acadiens y est contée. Les goddams sont les Anglais. Beausoleil est un Acadien résistant qui a pu survivre dans la nature avec un petit groupe en échappant au Grand Dérangement, grâce aux Indiens Micmacs. Après bien des péripéties, il a pu monter en 1975 une expédition avec 5 navires afin de s'établir en Louisiane avec ses congénères. Hélas, il meurt de la fièvre jaune peu de temps après. Il a permis a beaucoup de familles de s'installer dans une contrée francophone et catholique hospitalière.

Tombes commémoratives au mémorial des Cadiens à St Martinville

4 ) Joseph Falcon “Allons à Lafayette »


Cette chanson parle de l'exode rural du début du XXème siècle, quand les Cadiens sont allés travailler dans les complexes pétroliers de Lafayette mais aussi Baton Rouge (la capitale). Pour les paroles, c'est sur le site Cajun lyrics.

5 ) Hank Williams et le tube « Jambalaya - on the bayou » (en anglais) :


Il dit qu'il rejoint sa chérie Yvonne pour une fête sur le bayou. Au menu, les spécialités culinaires : Jambalaya, tarte aux écrevisses et soupe Gumbo. Typiquement louisianais !

6) Austin Pitre : « Bayou teche two steps »


Les paroles traduisent la souffrance d'un homme qui ne comprend pas pourquoi sa chérie le laisse tomber...
Le "two step" du titre est une indication pour les danseurs. Il faut faire deux pas à droite puis deux pas à gauche. L'autre rythme pour les danseurs est le 1-2-3 de la valse.

Danseurs au Crawfish festival, festival d'écrevisses de Pont Breaux


7) Feufollet : ”Au fond du lac”
 

On passe à la jeune génération avec ce groupe issu de l'immersion française. Cette chanson parle (encore !) de l'amour qui tourne mal... Les paroles (et des vidéos) sur leur site.

8) Lost Bayou Ramblers : "Carolina blues”

Je les adore ! Enregistrée au Blue Moon Saloon de Lafayette, c'est encore une chanson sur l'amour déçu. Vous trouverez les paroles sur leur site.

9) Bonsoir Catin : “Mon aimable brune”

Un groupe de filles ! A savoir : une catin en français cadien veut dire une poupée. Dans cette chanson à boire, l'amour et le vin sont honorés comme il se doit. Retrouvez les en vidéo sur cette page de leur site.

10 ) Horace Trahan : “People here know how to party”


Cette chanson bilingue parle d'une chose essentielle chez les Cadiens : ils savent faire la fête ! Après avoir travaillé dur toute la semaine, la famille se réunit et célèbre le week-end en musique et en danse. J'aime particulièrement Horace Trahan car il s'est ouvert à d'autres styles de musique comme le reggae et le Zydeco (prochain articles dans cette série sur les musiques de Louisiane). Sont site est très sympa et on peut y découvrir d'autres vidéos.

Autres groupes et artistes à découvrir :

- Sonny Landreth
- Hadley J. Castille
- Michael Doucet
- Pine Leaf Boys
- Steve Riley and the Mamou Playboys
- Joel Savoy
- Les Malfecteurs
- Yvette Landry (country)





Les lieux que nous avons testés :

Breaux bridge :
Café des Amis (brunch du dimanche matin)

A Eunice :
Liberty center

 
A Lafayette :
Randol's
Downtown alive ! (place Sans Souci ou place Internationale)
The Feed and Seed
Vermilionville tous les dimanches + Jams (boeufs) les samedis
Blue Dog Café (brunch du dimanche matin)
Blue Moon Saloon.

Retrouvez ces lieux pour danser et écouter de la musique "live" à Lafayette.
Toujours à Lafayette, ne ratez pas les Festival Acadien et créole, Festival International. 
 
Affiche de l'édition 2010

Édition 2012


Si vous ne pouvez traverser l’Atlantique, peut-être irez vous en Bourgogne (Saulieu) en août pour ce festival unique en France.
ou... écoutez le français cadien en direct sur les web-radios (attention au décalage horaire : - 7 heures) :

KRVSBonjour Louisiane

Bibliographie :
"Louisiane, musique cajun, zydeco et blues" Sebastien DANCHIN, PUF, 1995.

Pour quelques dollars de plus, demandez votre plaque d'immatriculation cadienne !

lundi 13 décembre 2010

Downtown Lafayette


Vous m'aviez demandé via les commentaires de ce blog de vous montrer le centre-ville ou "  Downtown"  de Lafayette. Ce billet pour répondre à votre curiosité...



Un des seuls endroits qui a du charme à Lafayette est Downtown. En effet, je trouve que le reste de la ville (Université à part) ressemble à une zone industrielle. Au Downtown, on peut se promener à pied car il y a des trottoirs ! On trouve aussi des magasins et des restaurants. J'ai découvert récemment ce site très intéressant : http://www.downtownlafayette.org/



Lafayette est une ville de 110 000 habitants environ. Je crois savoir que ces dernières années la cité a pas mal grandie. Cependant, le centre était surtout occupé par les plus pauvres (un peu comme à Villefranche sur Saône et Lyon avant les restaurations des cours intérieures et du Vieux Lyon).

Pour revitaliser le centre-ville et y attirer tous les habitants, des concerts gratuits ont lieu tous les vendredis soir à l'automne et au printemps. C'est comme ça qu'on a découvert Downtown Alive ! et le Parc International. Feu Follet , un groupe de jeunes louisianais qui joue de la musique trad. Cadienne a ouvert le bal :





C'est mieux si je mets le son non ?







On a aussi apprécié l'énergie des Lost Bayou Ramblers qui chantent en français également. On ne comprend pas toujours les paroles des chansons car il y a un accent auquel les français ne sont pas habitués. C'est encore plus dépaysant non ? On a écouté et dansé en espagnol aussi avec un groupe de musique latine. N'oublions pas le blues avec Henry Gray, un vieux de la vieille qui a toujours la pêche et nous a gratifié d'une extraordinaire performance. Certains des concerts avaient lieu sur une autre place, la Place Sans-souci (ça vous évoque quelque chose les lyonnais ?)


Sans-Souci by night
On continu avec la musique au Girard Park avec le Festival Acadien et Créole :






Plusieurs scènes et plein d'artistes à découvrir pour nous. Très bonne ambiance et danse à gogo. Les Cadiens sont réputés pour aimer danser, chanter, manger et faire la fête. Je vous rappelle en passant que Lafayette est au cœur du pays Cadien. On se fait facilement inviter par des cow-boys ou "vacheur". Stands de nourriture, de boissons et d'artisanat. C'était une belle et chaude journée d'octobre.

Vente de grattoirs pour jouer le Zydeco
Ci-dessous vous allez entendre un extrait d'une des plus populaires chansons cadienne : "Dans la porte en arrière"






Un rendez-vous mensuel, toujours au Girard Park : Le pique-nique de l'Alliance Française. Ici notre ami Jean-Philippe fait la démonstration d'un célèbre jeu marseillais. Il s'entraine pour le Tournoi International de pétanque, organisé par l'Alliance Française de Lafayette...







 


Karl, notre voisin et collègue de Roland


Le pique-nique
Ces photos datent d'hier. J'avoue qu'il faisait un peu frais avec le vent. Les irréductibles de la pétanque sont allés au bout de leur partie. C'est toujours sympa de pouvoir parler avec des Cadiens, des belges installés depuis 10 ans ou plus, des retraités français qui décident de s'installer ici, etc. Chacun a son parcours et son histoire à raconter. Les rencontres sont donc très enrichissantes.

Retour au cœur du downtown avec ces bâtiments de la rue Jefferson :



Le musée des Sciences. Expo Star Wars en ce moment !




On continu la balade Main street ou rue Principale (les noms des rues sont écrits en français et en anglais) :

Mon lieu de travail.
Et oui, c'est là que je vais tous les matins pour travailler à l'Alliance Française. On partage le bâtiment avec le CODOFIL, recruteur de Roland et tous les autres professeurs de français en Louisiane. Cet édifice fut aussi la première mairie et prison de la ville, au XIXème siècle.

On se croirait en France mais non !
En Louisiane on trouve pas mal de commerces avec un nom français. Ca fait chic mais aussi authentique ici.
Il y a beaucoup de maisons tout autour. Souvent en bois ou en bois recouvert de briques, surélevées à cause des risques d'inondations.




Juste à côté de cette charmante demeure on découvre un chêne âgé de 500 ans. Certaines branches font plus de 70 m !




Il est soutenu par des étais


Il y a une jolie église avoisinante mais je voudrais faire un billet consacré uniquement à ce genre d'édifices. Vous aurez donc d'autres photos plus tard.

Non loin de là le Sheriff veille...

... Et il fait bien car les nuits peuvent être chaudes Downtown. Il y a des boites de nuit où on fait la queue pour rentrer (comme à New York !), où le son est tellement fort qu'on a l'impression que nos tympans vont se faire la malle, que les seins siliconés des américaines vont déborder. En effet, pour les garçons, c'est tenue correcte exigée mais pour les filles ce serait plutôt le contraire. Mini-jupes, talons haut et décolletés sont au rendez-vous. Ces lieux exigent toujours qu'on présente notre ID (carte d'identité ou permis de conduire américain plus précisément). Bien sûr, à chaque fois, Roland oublie la sienne ! Heureusement qu'il a des cheveux blancs pour prouver qu'il a plus de 21 ans (âge de la majorité ici).

Autre détail dépaysant en Louisiane, et partout en Amérique je crois, les restaurants ferment très tôt. En effet, la plupart des américains mangent entre 17h et 20h ! Alors, quand on s'attarde jusqu'à 23h-23h30 dans un restaurant les serveurs nous font des yeux revolvers pour qu'on s'en aille vite fait ! Les boites de nuit ferment aux environs de 2h du matin. Il faut dire que les Cadiens se lèvent à 6h du matin au plus tard. "Early bird" comme on dit ici.


Roland en mode nuit Downtown !










Si les filles de Sex and the City ne sont pas encore passées par ici on a eu la visite d'autres personnalités : les sénateurs français. Reconnaitrez-vous l'un d'eux, ancien premier ministre ?



Monsieur Raffarin en chair et en os !




Pour l'occasion des enfants de l'immersion ont chanté en français. J'ai trouvé ça très mignon. Les plus grands témoignaient de ce que cela leur a apporté d'apprendre le français à l'école. Emouvant... Notre Consul de France à la Nouvelle Orléans a fait un petit discours. C'est un homme très abordable et gentil. Nous sommes chanceux de l'avoir en Louisiane.

Bon, j'espère que ce billet vous a plu et que vous vous rendez mieux compte de l'aspect de la ville de Lafayette et des activités qu'on y pratique. J'attends vos commentaires avec impatience. Que voulez-vous que je vous montre la  prochaine fois ? L'école de Roland ou une interview de louisianais ?