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vendredi 18 mai 2012

Mains en l'air !

Toutes vos armes doivent être déchargées et vérifiées par un agent de police.
Quel rapport les américains entretiennent avec les armes ? En avril 2012 nous avons assisté à un "Gun and knife Show". C'est une vente d'armes à feu, d'armes blanches et de munitions dans un lieu d'exposition.

En gros, au lieu d'aller au salon de l'artisanat vous allez acheter son premier fusil à votre petit fils ! En tant que française n'ayant aucun membre de sa famille chasseur c'est un spectacle étrange et assez terrorisant.

On n'a pas pu prendre de photos car, dixit la dame à l'entrée, " certaines personnes utilisent ces photos à mauvais escient, pour dénoncer la vente d'armes à feu". C'est pas notre genre ! Les seuls papiers demandés pour acheter sont une carte d'identité (pour montrer que l'acheteur a plus de 21 ans) et une carte bancaire...

Après avoir dépassé le stand d'inscription au NRA (National Riffle Association= Association de lobby pour défendre la liberté de porter des armes), soutenu par Charlton Heston jusqu'au trépas, nous sommes entrés dans la caverne d'Ali Baba...

Franchement, voir cet étalage de fusils de chasse, d'AK 47 et autres Kalachnikovs nous a fait flipper. Il y en avait pour tous les goûts et de toutes les couleurs. Pour Madame ou Mademoiselle, un discret et chic revolver rose ; pour Monsieur, un fusil pour chasser le canard le dimanche ; et pour le fiston, un mini-fusil (baby gun) couleur camouflage. Toute la famille est équipée !

Côté munitions, il y avait le choix aussi avec des balles qui vous explosent dans le corps, d'autres qui vous transpercent de part et d'autre, etc. Pour accompagner le chasseur il y a aussi les produits dérivés comme le viseur (très pratique pour faire mouche même quand on ne sait pas tirer), les jumelles nyctalopes, le silencieux (ça c'est plus pour les tueurs à gage non ?), ...

On a trouvé 2-3 stands de bijoux pour les accompagnatrices trainées par leurs maris. Enfin, le pire, c'était les quelques broches nazis et les autocollants "Tuons les tous, Allah reconnaitra les siens" et autres incitations à la haine raciale. Là, on s'est vraiment dit que ce genre de truc devrait être interdit ! On a depuis appris que tout peut être exprimé ici, tant que les personnes ne passent pas à l'acte... liberté d'expression oblige.

Franchement, je ne suis pas contre apprendre aux enfants l'art de la chasse et de la préparation des viandes de gibier. Je trouve même que c'est un avantage de savoir survivre dans la nature. Mais quand il est si facile d'acheter une arme, on ne sait pas combien s'en servent vraiment comme moyen de subsistance (chasse ou vol à main armée) et combien s'en procurent juste pour se sentir en sécurité. En plus, votre arme peut toujours se retourner contre vous. Et puis vous n'allez pas me dire qu'un poing américain va être utilisé comme moyen de protection !?

Mais c'est en partant qu'on a vraiment réalisé que toutes les personnes qu'on croise dans la rue sont potentiellement armées. Le déclic a eu lieu en voyant arriver au Gun Show un gars d'environ 25 ans, survêtement, attitude cool mais un flingue à la taille à demi-apparent sous son T-shirt ... A ce moment précis, on espère profondément que cette personne maîtrise ses nerfs en toutes circonstances !

Pour comprendre comment tout cela est possible, la minute d'Histoire avec professeur Roland :

En Louisiane, la crainte d'une régulation du port d'armes par Le Président Obama est palpable. En effet, il y a un contentieux important autour de l'interdiction du port d'armes à Washington D.C., la capitale. Les Républicains crient que cette loi n'est pas constitutionnelle (aux U.S.A, le 2ème amendement attaché à la Constitution prévoit la liberté de port d'armes). Et d'un point de vue légal, ils ont raison. Pour aider les Républicains, les industries d'armement forment un très fort lobby et financent de multiples actions en faveur du port d'armes. Cependant, les Démocrates sentent bien qu'il faut faire avancer cette question. Pour s'en convaincre, il faut juste regarder les chiffres de la criminalité aux U.S.A !

Pour comprendre, il est important de savoir que la création des U.S.A. (c'est à dire la ratification de sa Constitution en 1789) n'a été votée que suite à la promesse d'y attacher ces amendements, censés garantir les principaux droits des citoyens. L'unité des 13 colonies, l'embryon des U.S.A. s'est faite à ce prix.
Le comble c'est que la justification de cet amendement est de donner aux citoyens les moyens de se révolter contre le Gouvernement Fédéral, au cas où il outrepasserait ses droits. Vous voyez l'ambiance !
C'est comme ça qu'on peut entendre un Cajun, rencontré au Gun Show, nous expliquer tranquillement que Obama n'a qu'a bien se tenir, lui, il a fait des réserves de munitions au cas où...

La critique et la méfiance envers le Président Obama peuvent se traduire par des moqueries comme celle-ci :

Les méchants fument aux USA !
Certains continuent à faire vivre la légende d'un Obama musulman... et donc qui fait peur !

Voilà les amis ! C'était le dernier article de la saison, un peu polémique je vous l'accorde. Nous partons dans le sud-ouest américain pour étoffer le blog à la rentrée. Plus de découvertes en Louisiane et hors Louisiane dès le mois de septembre ! Bon été.

mardi 14 février 2012

Une musique de rien qui fait tout

 

Pour "come back" (retour) en Louisiane, on revient aux fondamentaux : la musique. Et c'est Roland qui régale et se régale...

Aujourd’hui, j'avais rendez-vous chez David Brown (rien à voir avec Jackie !), un américain partageant son année entre l'hiver de Lafayette, en Louisiane et l'été de Postam, dans l'Etat de New-York. On s'est rencontrés lors d'un brunch chez Martin Christian, guitariste et chanteur du groupe de blues «Rue Boogalou». Évidemment, le brunch s'est transformé en bœuf avec la participation de qui voulait (enfants avec des guiros, etc) et notamment de David, joueur aguerri de Washtub Bass.
David


Son instrument (sorte de contrebasse réalisée avec une bassine métallique, un manche en bois et une grosse ficelle) assurait vraiment bien la ligne de basse. Il m'a laissé essayer et j'ai eu ce qu'on peut appeler de sacrées «good vibes» (bonnes vibrations) ! Et je crois que ça s'est vu car David m'a immédiatement proposé de venir chez lui fabriquer MA washtub basse. 

Avant d'en arriver à l'aspect technique de la fabrication, je veux d'abord dire que pour moi, cet instrument prend tout son sens à l'heure des technologies de pointe et de la marchandisation du divertissement. Avec trois fois rien on se fait un instrument de musique (c'est à dire des heures de plaisirs et de convivialité) pour enfant et pour adulte. Le temps même de fabrication est une occasion de palabres et d'expérimentations. 
En plus, bricoler c'est faire, c'est toucher ! Autant de choses que le virtuel ne pourra jamais remplacer ...

Alors n’hésitez pas à fabriquer votre Washtub basse et comme disent les Cadiens ici, laissez les bons temps rouler !

Fiche technique de ma Washtub basse.

Toutes les adaptations sont possibles, notamment pour les enfants.

D'abord, se procurer le matériel ci-dessous.

  • Une bassine métallique avec le fond suffisamment épais pour résister à des tractions importantes. Important, la bassine doit avoir un rebord dessous tout autour du fond. Ma bassine a une profondeur de 28 cm, un diamètre au fond de 45 cm environ. Le rebord de dessous est d'environ 8 mm (C'est un minimum.)
  • 2 rondelles en métal de 4 cm de diamètre et 2 autres en caoutchouc du même diamètre.
  • Un axe fileté court avec un anneau à l’extrémité. Diamètre de l'axe : 5 mm.
  • 2 écrous pour aller sur l'axe.
  • 1 manche en bois (ou bâton trouvé dans la foret) assez grand pour arriver un peu au-dessus (10 à 15 cm) de l'épaule du joueur un fois posé sur le fond de la bassine retournée. Mon manche fait 35 mm de diamètre.
  • 1 vis de 15 mm de long et 1 rondelle de 15 mm.
  • 1 ficelle en nylon d'un diamètre de 3 mm et d'une longueur de 2 mètre environ.

    Une planche ou un morceau de bois de récupération pour mettre sous un côté de la bassine.

    Prévoir les outils suivants même s'il y a toujours plusieurs solutions techniques pour réaliser une tache.

    • Une perceuse avec des forés bois (et métaux ou un pointeau)
    • Une scie
    • Un tournevis
    • Une queue de rat ou râpe
    • De quoi serrer les écrous
    • Un briquet ou des allumettes

    Les étapes

    1. Percer un trou au centre de la bassine pour permettre à l'axe avec l'anneau de passer (trou du même diamètre que l'axe).
    2. Faire passer l'axe, les rondelles métalliques et en caoutchoucs et les 2 écrous dans l'ordre suivant.
    3. Serrer le tout pour que ça ne tourne et ne bouge plus.
    4. Enlever les poignées de la bassine (sinon ça vibre et ça fait du bruit). On fait ça comme on peut en essayant de ne pas trop faire de trou à l'emplacement des fixations des poignées.
    5. Couper le manche à sa base sur un plan bien perpendiculaire (nécessaire seulement si vous avez un manche plus étroit à la base). Attention à garder toujours suffisamment de longueur.
    6. Vérifier que sa longueur est toujours correcte en le positionnant sur le fond de la bassine retournée.
    7. Faire une entaille en V à la base du manche comme sur le dessin. La profondeur dépend de la hauteur du rebord sous la bassine. Le rebord ira dans cette entaille en V. Profondeur de mon entaille : 8-9 mm.












    8. Positionner le bâton sur la bassine et dessiner au niveau de l'épaule l'emplacement pour la vis.
    9. A 3,5 cm dessous, tracer l'emplacement où l'on va percer à 45 degrés vers le bas.



















    10. Limer le filetage de la vis près de sa tête pour éviter que ça coupe le fil de nylon.
    11. Percer le trou (petit foret puis plus gros) jusqu'à obtenir un passage assez grand (9 mm) pour la ficelle et un double nœud dessus.
    12. Finir les extérieur à la râpe ou à la queue de rat pour obtenir une entrée et une sortie parfaitement lisse. Si on ne le fait pas, la ficelle s'use prématurément et finit par se couper.
    13. Visser la vis et la rondelle. Arrêter quand il reste un espace d'environ 2 mm entre la vis et la rondelle contre le manche.
    14. Attacher l'extrémité de la ficelle à l'anneau sur la bassine retournée. Faire un nœud définitif, serré ! Brûler l'extrémité de la ficelle avec le briquet pour éviter qu'elle ne s'effiloche.
    15. Passer l'autre extrémité dans le trou du manche, faite le tour de la vis et redescendre.
    16. Tenez comme ça et faites votre réglage. Quelle tension voulez-vous pour quelle note ? (Remarque : On peut dire que la note du milieu doit être avec le bâton vertical.) Quand la tension vous convient, faite une marque sur la ficelle au-dessus de la vis.
    17. Retirer la ficelle, faites un double-nœud avec les deux morceaux en même temps (Cf. dessin) pour obtenir une boucle que vous pourrez passer sur la vis. Attention : Le nœud doit pouvoir passer dans le trou de sorte à faciliter le transport en séparant le manche de la bassine.



















         Couper l’excès de ficelle et brûler l'extrémité.
    18. Placer la planche sous un coin de la bassine pour laisser le son s'échapper et jouer.
    Enjoy !!!!!!!!!!! (Faites vous plaisir !)
    Malheureusement, on n'entend pas la basse du fait de la prise de son... mais ça permet quand même de voir la position de jeu !

    Roland Coste.
    Bonne St Valentin à nos lecteurs !


    mardi 17 mai 2011

    Les écrevisses dans tous leurs états


    Nous revoilà après 3 semaines et demi d'absence. Alors, on vous a manqué j'espère ?! Comment ça vous aviez oublié jusqu'à notre existence !!! Voila ce que c'est d'accueillir sa mère et de lui faire partager toutes les facettes de la Louisiane, on n'a pas le temps d'ecrire nos aventures. Au passage, on a quand même rassemblé assez de photos et de vidéos pour continuer à vous émerveiller pendant plusieurs mois. Comme promis, ce billet est consacré aux écrevisses. Salivez bien !!

    Ahh cette chaire délicate et piquante à la fois, cette abondance, sont particulières aux écrevisses de Louisiane. Quelles soientt d'élevage (dans les rizières) ou sauvage (attrapées dans l'Atchafalaya ou autres marais), il semble qu'on ne soit jamais rassasié. Les premières images et vidéos datent de janvier, lorsque la saison a débuté. Nous étions au Louisiana Crawfish time (Verot School Road à Lafayette) :

    Présentation de l'art de décortiquer une écrevisse :

    Un exemple de plateau de 3 livres, pour 2 français raisonnables ou 1 louisianais gourmand :
    Servi avec des pommes de terre, vous pouvez commander des épis de maïs pour aller avec.
    Ca rend heureux nos amis qui nous rendent visite :
    Restaurant Crawfish time, Ridge road à Lafayette.

    Attention, car elles sont pleines de piment donc ne vous grattez pas les yeux sans vous être d'abord lavé les mains ! Certains portent des gants de chirurgien pour les manger. J'imagine que c'est pratique à la fois pour ne pas sentir l'écrevisse pendant 3 jours mais aussi pour éviter les brûlures aux petites coupures de doigts. Moi, je préfère décortiquer l'écrevisse à main nue...

    Certains font des courses d'écrevisses. Celle-ci date du Grand Pique Nique de l'immersion française, à Pierre Part cette année. Faites vos paris :


    Pauvres bêtes !

    Les "Mud bugs" ne sont pas aimés de tous. En effet, certains sont dégoutés par le fait que ces créatures vivent dans la boue. C'est pourquoi il faut initier et éduquer le palais dès le plus jeune âge :


    The place to be au mois de mai : le festival des écrevisses de Pont Breaux (Breaux Bridge)

    Ce n'est pas l'endroit où on mange les meilleurs écrevisses (c'est presque la fin de la saison de celles d'élevage) mais c'est là qu'on peut en manger le plus, notamment avec le concours associé. Il y a de super concerts et de beaux specimens :



    Les couvre-chefs sont pas mal aussi :



    Une sculpture pour terminer :


    Mon souhait avant de quitter la Louisiane : visiter une ferme d'écrevisses-rizière.

    La semaine prochaine, vous aurez droit à une interview de professeur belge, encore une ! Oui mais pas n'importe laquelle...

    dimanche 21 novembre 2010

    Prendre le bus à Lafayette

    Il y a quelques jours, j'ai trouvé un travail (d'où le retard pour cette publication, désolée). Je suis coordinatrice pour l'Alliance Française de Lafayette. J'ai dû aller à une réunion un mardi soir, jour de Yoga pour Roland et moi d'ordinaire. Comme j'ai pris la voiture, Roland s'est dévoué pour expérimenter les transports en commun municipaux. Le défi consistait à aller du sud de la ville au centre-ville de Lafayette... Vous verrez, ça se passe (presque) de commentaires ! Alors on attend les vôtres...

    (Roland) Je reconnais que j'avais prévu le coup en enfilant tout l'équipement de sport.



    ... en question. Karine avait un peu préparer le terrain en imprimant les horaires, le circuit et le nom du bus. Mais première surprise, sur le plan il n'y avait pas d'arrêt à moins de 30 minutes de marche...

    ...que j'ai couru ! Je ne sais pas encore parler anglais et je ne sais déjà plus parler français... Vous apprécierez l'accessibilité de l'arrêt.

    Depuis j'ai cru comprendre en discutant avec la passagère d'un bus que COLT c'est pour la nuit (6:30PM à 11:30PM) et TLS c'est pour la journée. Et ils peuvent avoir les mêmes arrêts. Je suis aujourd'hui rassuré.

    ... n'ont qu'à bien se tenir ! En fait, les trottoirs semblent être de la responsabilité individuelle de chaque commerce le long de la route. Quelques morceaux ont clairement été fait en même temps que la route mais c'est sans continuité.

    La nuit tombe... Je ne suis pas encore à l'arrêt inscrit sur le plan qui est encore plus loin. J'attends quelque chose comme 15 minutes alors j'observe... 

    ... par contre de l'autre côté du banc il y a une autre poubelle. 2 poubelles pour un abris-bus dont une qui rend impossible une orientation correcte du bord de l'abri-bus. Je ne vois vraiment pas quel business a pu engendrer ce résultat ... ? Soudain, j'ai bu un petit bus de la TLS. J'ai levé le bras mais il ne s'est pas arrêté. Alors j'ai couru après. A la faveur des bouchons et des feux j'ai fini par le rattraper et j'ai frappé aux vitres. Le chauffeur m'a dit qu'il ne prenait pas de passagers et qu'il ne pouvait pas me renseigner sur mon bus. J'ai donc continué à courir jusqu'au Hilton où il y a un arrêt inscrit sur le plan...

    PERSONNE NE SAIT ! Les gens du parking, le chauffeur d'un bus privé du Hilton (oui, ils ont leur propre service de transport pour aller en ville...), personne n'a pu me renseigner.

    Finalement, le bus est passé avec 20 bonnes minutes de retard. J'ai commencé à sortir mes pièces pour payer. La chauffeur m'a dit un truc très vite dont le seul mot que j'ai compris est "rush". Je me suis dépêché pour préparer mes pièces et quand j'ai voulu les mettre dans la fente, elle m'a tapé sur les mains en me disant d'aller tout de suite m'assoir. Ce que j'ai fini par faire sans trop bien comprendre. Une passagère m 'a expliqué que vu l'horaire, le chauffeur n'avait pas le temps que je paye ! Petite remarque, les bus semblent presque entièrement dédiés à la communauté noir... J'étais le seul blanc... J'ai fait à peu près 10 minutes de bus....



     Voilà ! Merci Roland pour cette aventure rigolote... à postériori. Finalement il a bien suivi le cours de Yoga malgré le retard. Pas besoin d'échauffements pour lui. Ça c'est fait !

    Le prochain article portera sur Thanksgiving. Bonne semaine à tous !

    jeudi 11 novembre 2010

    Les spécialités culinaires de Louisiane


    Comme vous le savez maintenant, on ne mange pas en Louisiane comme partout ailleurs aux États-Unis. Voici un échantillon non-exhaustif des spécialités que nous avons dégustées jusqu’à présent.

    On commence par le homard au court-bouillon chez Randols' à Lafayette, délicieux. 


    Ça fait envie n’est-ce pas ? 

    Les crabes et les huîtres aussi sont des produits locaux. La marée noire a bien endommagé l’économie de la pêche… mais il n’y a pas que le golfe du Mexique comme ressource. En effet, il y a de l’eau partout en Louisiane et les cajuns sont réputés pour manger tout ce qui ne les mange pas en premier ! On trouve dans le bassin de l’Atchafalaya par exemple des Ouaouaron (bullfrog en anglais) ou grenouilles géantes chez Mc Gee's landing à Henderson :


    Il n'y a qu'une grenouille dans l'assiette de Roland. Oui, là il découpe le tronc de la bête !

    Ça change des petites grenouilles françaises.


    Les alligators se font manger en sauce, au barbecue ou frits. Ici on les appelle les cocodris (il existe plusieurs orthographes). J’ai eu l’occasion d’en déguster en beignets et en po-boy (un sandwich chaud). 

    Ce qui est rigolo chez les gators c'est que si vous leur donnez du poulet ils vont avoir le goût du poulet et s'ils mangent du poissons... vous avez deviné. On a le goût de ce qu'on mange ?




     
    Vous pourrez manger en Louisiane des po-boy aux huîtres …

    Dans le bassin de l’Atchafalaya toujours, on pêche le « bowfin » pour son caviar. Pas mal sur un toast, assez similaire aux œufs de lumps.




    Quel autre animal trouve-t-on dans nos eaux ? La tortue bien sûr ! On la prépare en soupe piquante avec du Cherry. Roland l’a trouvé trop piquante pour vraiment identifier le goût de la tortue.


    Chez Jolie's à Lafayette
    Autres spécialités découvertes :

    Le gumbo : encore une soupe, cette fois à base d’okras ou gombos (légume qu’on trouve aussi en Afrique). On y met du poulet et de l’andouille mais on peut aussi rajouter des crevettes. Le week-end dernier, on a été invité deux fois par des louisianais et les deux nous ont préparé un gumbo ! Le principe de ce plat si populaire est de le servir avec du riz – qu’on trempera dans la soupe au moment de la manger- et de la salade de pomme de terre.

    Le jambalaya : c’est une sorte de paella avec du jambon, du poulet, des saucisses et des chevrettes (crevettes en Cadien-Cajun). Très bon aussi.

    Le boudin : contrairement à ce qu’on pourrait croire ce n’est pas du boudin de sang (introuvable ici) mais une sorte d’andouille avec du riz à l’intérieur.

    Les plats ci-dessus sont toujours piquants mais on commence à s’habituer car ça reste modéré.

    Du cracklin’ : peau de porc frite. Certains le comparent aux grattons. On en trouve en France dans les supermarchés asiatiques en sachets conditionnés. 

    Au menu des restaurants on trouve souvent des poissons comme la barbue (catfish), le tilapia (spécial dédicace à mon ami Isaac) ou le mahi (poisson de mer).

    On achète souvent le maïs encore enveloppé de ses feuilles. Les épis sont cuits à l’eau puis mangés avec du beurre et du sel.

     

    Du côté des desserts :

    Ce qui est assez surprenant dans les restaurants où nous sommes allés, c’est qu’ils proposent rarement un dessert. Le serveur amène la note tout de suite après le plat principal (on dit « entrées » en anglais !) alors que la carte des desserts existe bien.

    J’ai testé le bread pudding, tiède et accompagné d’une sauce au caramel, la tarte aux patates douces (sweet potato pie) servie tiède aussi et le cheesecake.

    Une des spécialités sucrées est la tarte aux noix de pecan. Il faut que je me mette aux fourneaux !

    Nous attendons la saison des écrevisses, LA véritable particularité en Louisiane. Nos papilles devront patienter. Rat musqué et tatou sont aussi sur la liste d’attente mais je ne connais personne qui pourrait nous préparer ça…

    La photo de la fin pour vous souhaiter bon appétit :



    mardi 26 octobre 2010

    Qui a dit qu'on mangeait mal aux States ?

    Cette semaine je vous fait découvrir deux endroits que j’aime particulièrement, l’un pour ses fruits et légumes et l’autre pour son pain - oui vous avez bien lu ! - et ses gâteaux.


    Le premier s’appelle le Fresh Pickin’s. C’est une sorte de marché permanent, ouvert sur l’extérieur. On y trouve des tomates vertes pour faire des beignets ou des confitures :


    Des cacahuètes et autres « mendiants » :



    Saviez-vous qu’en Louisiane pousse l’arbre qui donne les noix de pécans ? La tarte aux noix de pécans est une spécialité de la région.
















    Ici, les mangues, les ananas et les avocats sont délicieux. Ca faisait un moment que je n’en achetais plus en France non seulement pour le bilan carbone mais aussi pour le goût !

    Spéciale dédicace à Manguito.












    On trouve aussi des produits typiquement Cajuns :



    D'autres pour lesquels on a besoin d’une traduction : marigane= sac à lait, roussette = choupique, ca vous aide ?



    Et des choses tout à fait étonnantes :



    J’ai demandé à des Cajuns si caca avait une autre signification pour eux mais ils m’ont répondu que non…

    Tout est différent ici. Même la découpe des sardines. Celles-ci sont à la sauce piquante de Louisiane.


    Enfin, il y a aussi des mots évocateurs de références musicales !







    Le deuxième lieu que j’aime fréquenter ici c’est la boulangerie Poupart, des français qui se sont installés depuis plusieurs dizaines d’années. Ils sont très connus à Lafayette. Leur tarte au citron meringuée est exquise et nous avons testé pour vous la baguette :




    Comme vous l'aurez compris, la Louisiane se distingue du reste des U.S. sur le plan culinaire. Il faudra que je vous écrive bientôt un article sur les vrais spécialités : boudin de Louisiane, beignets d'alligators, grenouilles géantes et autres soupes de tortues... En attendant, mon prochain billet sera consacré à l'actualité avec Halloween. Tremblez pauvres mortels !!


    mardi 7 septembre 2010

    Expériences culinaires à NYC

    Visiter New York c’est bien gentil, mais il faut se sustenter ! Pour cela, nous remercions les bons conseils du voisin Alan, qui nous a recommandé la plupart des endroits dont je vais vous parler. Prêts à saliver ?

    Tout d’abord nous avons découvert la double portion au Barking dog, juste à côté de l’appartement où on logeait. C’est un endroit très sympa avec une déco sur le thème … des chiens. Les affiches représentaient des publicités ou des films dont le personnage central est un chien. "Une vie de chien" par exemple, de Charlie Chaplin. Certains posters étaient en français !

    Nous avons mangé, pour Roland, une omelette : constituée d’environ 12 œufs + un hashbrown géant !! Pour ma part, je me suis contentée d’un burger aux herbes et champignons avec du coleslaw. On aurait pu largement commander un plat pour deux. Heureusement il y a le « doggy bag », qui se prête bien au lieu.



    LA surprise en entrant dans ce resto fut quand même de trouver à l’entrée une photo officielle dédicacée par Sarkozy « himself ». Il se balade toujours avec des photos de lui Président, même en vacances ?

    Autre lieu, autre ambiance. The joint (ca veut dire restaurant en anglais et non autre chose) qui est une friterie cachée au cœur d’un hôtel 4 étoiles : Parker Meridien, sur la 57ème rue (entre la 6ème et la 7ème avenue). Il faut passer le hall de l’hôtel, repérer le rideau noir et s’engouffrer dans l’étroit couloir surmonté d’un burger lumineux servant d’enseigne. Là, le changement de décor est radical. Il faut commander comme au McDo, les panneaux explicatifs sont écrits à la main, la musique est éclectique (on a entendu une dizaine de langues en écoutant les chansons). Un endroit hors du commun qu’il faut débusquer. Comme le mur était tapissé de dédicaces (je n’en est pas trouvé du Président français), on s’est permis de participer.


    Je ne sais pas si le Bagel est anglais ou américain mais nous avons aussi essayé cet autre type de sandwich, moi avec du caviar d’aubergines et Roland avec de la crème de fromage, raisin, cannelle et noix. En somme, j’ai choisi le salé et lui le sucré. Pour ceux qui me connaissent bien, ce choix est inhabituel, n’est-ce pas ?

    A l’angle de la 6ème avenue et de la 53ème rue, il y a deux vendeurs de rues qui ont choisi de proposer à la place de l’éternel hot dog une version plus moyenne-orientale que nous connaissons bien en France : Le kebab. Et c’est une file incroyable de toute sorte de travailleurs qui attendent pour leurs plats ou leurs sandwichs. C’est bon mais je ne vous conseille pas la sauce piquante … vraiment piquante !



    Après tout ça, Roland tenait encore à faire l’expérience fantasmée du hot dog de rue. C’est à Central Park, devant des écureuils médusés, que nous avons accompli son vœu. Un peu décevant quand même mais il fallait le faire pour s’en rendre compte.

    Nos hôtes nous ont comblés avec un barbecue ou BBQ. Une viande succulente typique de New York dont je ne me souviens hélas plus le nom. Fabien, aide-moi s'íl te plaît !



    Si je retourne un jour à New York j’aimerais essayer autre chose que la « fingerfood ». A Grand Central Terminal, la gare de NYC, il y a l’Oyster bar, où on mange paraît-il de succulentes huîtres. On va remplir le porte-monnaie d’abord…



    Pour finir et pour vous dire que non, ce n’est pas facile de vivre dans cette belle et grande ville, sachez que peu de New-yorkais ont une machine à laver. Ils font leur lessive au sous-sol, où se trouvent toutes les machines. Ils vont au pressing aussi. Comme dans les films finalement !

    Il est très difficile de se garer à NYC. Deux fois par semaine, un côté de la rue est nettoyé à grand jet et il faut que toutes les voitures se garent ailleurs. Si un parcmètre ne fonctionne pas, il ne faut pas se garer et trouver un parcmètre qui fonctionne… Pour d’autres commentaires je laisse les new-yorkais s’exprimer.

    Ce qui est vraiment agréable par contre, c’est que les new-yorkais marchent énormément. En cela, ils sont très différents des autres américains. Vous découvrirez pourquoi au prochain épisode.

    Attention, ceci était donc la dernière chronique sur Big Apple. Vous êtes prêts pour le grand saut en Louisiane ?