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vendredi 9 août 2013

Yosemite National Park : road trip de l'été 2012 dans le sud-ouest des U.S.A. (12)


Du 20 au 25 juin

Au menu : des cascades, des falaises de granite, des lacs et des ours.

Champs d'orangers de Californie, avant l'arrivée sur Yosemite

Première cascade sur la route pour arriver à la vallée
En arrivant ce matin dans la vallée du parc de Yosemite, on prend tout de suite 3 nuits au Camp 4, le seul camping sans réservation. On a de la chance car la vallée est le lieu le plus prisé de tout le parc, en particulier des grimpeurs. On organise tout pour être prêts très tôt demain pour une randonnée mémorable...

En attendant le départ, on voit un jeune cerf à la laverie ! et les écureuils grouillent au camping. Il ne faut rien laisser trainer et toute nourriture doit être enfermée dans la boite à ours mise à disposition. Des personnes ont déjà vu une maman ours et son petit à 1 km de là... Pour nourrir leurs petits plus facilement elles ont tendance à ouvrir de force les voitures et se glissent même dans les poubelles si on oublie de mettre le cadenas. Quelle scène horrible que de découvrir un ours piégé dans les grandes poubelles des parcs...

Le lendemain, c'est le solstice d'été et on profite dès 6h du matin de cette longue journée. On est malgré tout loin d'être les seuls sur le sentier. Une navette nous dépose près du départ de randonnée : 13 kms de montée et 580 mètres de dénivelé vers les cascades Vernal (1538 m.) et Nevada (1801 m.) Si on avait voulu aller plus loin, c'est à dire au top de Half Dome, il aurait fallu jouer à la loterie et être gagnants. En effet, gestion de flux oblige, pour la première fois cette année, les permis sont délivrés à condition de payer 13 $ et d'être tirés au sort !! Les motivés et chanceux pourront atteindre ce fameux sommet à 2693 m.

Non, l'escalier de pierre ne nous décourage pas !

Vernal Fall


Emerald pool

Nevada Fall

Un arbre sans terre boit directement à la source

Ground squirrel. Il faut les chasser pour manger tranquille. Ne les nourrissez surtout pas !

L'endroit idéal pour méditer


Le pont marque la fin de notre ascension
En redescendant au niveau de la première cascade, on est soudain submergés par la foule des gens qui montent en plein cagnard.



La plupart s'arrêtent à Vernal Fall. Le timing est parfait car deux arcs en ciel encadrent la cascade. C'est magique :

La cascade est à droite
On rentre au camping fourbus mais contents. Le reste de la journée est consacrée à la lecture. C'est ainsi qu'on s'aperçoit que le soleil quitte l'étroite vallée dès 16h.

Hier soir, notre amie Laurence nous a rejoints et ce matin elle a dû faire 4 heures de queue pour obtenir un emplacement au Camp 4 ! Après cet exploit, on part se balader dans la vallée en suivant Lower Yosemite Fall trail.


La cascade de Yosemite est la plus grande d'Amérique du nord avec 739 mètres de hauteur. Elle n'est pas très impressionnante cet été 2012 car l'hiver n'a pas amené beaucoup de neige, contrairement à 2011.

On visite aussi le musée consacré aux Amérindiens locaux :


A l'intérieur, le musée expose des paniers, vêtements et reconstitutions de scènes des Paiutes et autres tribus comme les Washo. Ils se nourrissaient de cerf et d'une farine à base de gland. Cette dernière étant toxique, il fallait la rinçer plusieurs fois avant de pouvoir la consommer. Les vertus des plantes médicinales n'avaient pas de secret pour eux et ils faisaient du cidre à partir de la baie de Manzanita. Ils vivaient ici avant d'être chassés par les chercheurs d'or. Malheureux dans les réserves, certains ont réussi à construire un village à l'intérieur du parc national, tentant de garder leurs traditions et de les valoriser auprès des premiers visiteurs de Yosemite.

A l'extérieur du musée ont été reconstituées dès 1920 des habitations mêlant architecture indienne et européenne. On prend en photo cette " sweathouse", sorte de sauna semi-enterré :

Il servait à soigner mais aussi à la préparation des hommes avant la chasse. C'était un moyen de se débarrasser de son odeur pour mieux surprendre le gibier : après trois heures à l'intérieur du " sauna ", le chasseur se baignait dans une mare puis il se frictionnait avec une plante aromatique.

Aujourd'hui, plus aucun Indien ne vit dans le parc et rares sont ceux qui savent encore faire du cidre pour les cérémonies.

Notre promenade se poursuit jusqu'à Mirror Lake :

Half-dome vu du sud du parc
 
C'est plus joli que les crottes de mule qui ont ponctué le chemin !
 
On file ensuite en voiture à Glacier Point. Il nous faudra 1 heure mais le panorama vaut le coup.
 
Sur la droite c'est half dome.
La photo suivante a été prise à droite de la précédente :
 
Reconnaissez-vous les cascades Vernal et Nevada ?
A faire si vous prenez le temps : randonnée jusqu'à Taft point ou Sentinel dome.
 
Sur le chemin du retour on croise un coyote qui n'avait pas l'air très prudent à notre égard. On suppose qu'il a déjà laissé des humains le nourrir. Du coup, il ne sait plus se nourrir seul et a une mauvaise mine (maigre et galeux). Ne nourrissez pas les animaux sauvages, petits ou grands !!
 
Le lendemain, Roland et Laurence partent très tôt pour grimper à la source de la cascade de Yosemite (13 kms) : upper Yosemite fall trail.
 
Encore des escaliers !

 
 
 
 
 
La vallée de Yosemite d'un côté
  
Et de l'autre
 
 
 
D'autres escaliers à flanc de falaises
Avant que l'eau ne se jette dans le vide pour prendre le nom de Yosemite falls
 
On quitte finalement la vallée surpeuplée et animée de Yosemite pour atteindre le nord du parc. Une fois installés au camping de White Wolf, on part pour une randonnée en direction de Lukens Lake et Harden Lake. Après seulement 20 min. de marche, Laurence stop net et recule en nous signifiant qu'elle voit un ours droit devant.
 
 
Il a de longs poils blancs sur le dos mais c'est bien un ours brun. Les grizzlis ont tous été tués en Californie. Celui-ci a déjà approché de trop près la civilisation car il a au cou un collier placé par des rangers après une visite inappropriée au camping. Il n'a pas peur de nous et broutte ses fleurs en toute quiétude. Quand il décide de s'éloigner, on peut continuer notre chemin. C'est quand même génial de voir un ours ! Le premier de cet été !
 
Le paysage de forêt parsemée de clairières est magnifique. Cependant, les photos ne rendent pas justice à notre émerveillement.
 
Prairie de montagne ponctuée de fleurs violette
Les fleurs tapissent de mille couleurs cette prairie :
 
Jeffrey shooting star
 
  
Pussypaws
 
 
 
 
 
 
Qui dit fleur dit papillon !
 
Lac Lukens
 
Un bébé Woodpecker appelle sa mère. Mais celle-ci a vu Roland et ne voulait pas qu'il découvre le nid !!
Entre les deux lacs, le paysage diffère complètement car on passe dans une forêt calcinée puis dans une forêt sens dessus dessous. Novembre a connu la tempête du siècle et les bucherons du parc (dont une équipe constituée uniquement de femmes) n'ont pas encore tout dégagé. En discutant avec eux, on apprend qu'ils ne peuvent pas utiliser de tronçonneuse électrique car toute moteur est interdit au sein du parc. Vive les scies à l'ancienne et bon courage à eux !
 
 
C'est ainsi qu'on doit se frayer un chemin entre les arbres à moitié de travers, les hautes herbes, les fleurs géantes et on tombe sur un ours deux fois plus costaud que le premier :
 
 
Il n'a pas de collier et on comprend pourquoi : à peine a-t-il entendu nos claquements de main qu'il est parti sans demander son reste. Il est assez malin pour fuir les humains. On est bien content de le voir s'éloigner car il était très impressionnant.
 
On arrive enfin au deuxième lac, après 4,9 kms de marche :
Lac Harden
Il nous reste 4 kms pour rejoindre le camping. Une fois arrivés près des cabanes des rangers, je repère cette marmotte solitaire qui passait par là.
 
 
Cette nuit n'a pas été très agréable car il fait beaucoup plus froid que dans la vallée et notre matelas gonflable a rendu l'âme. Cela ne nous empêchera pas de marcher 11, 3 kms jusqu'à Cathedral lake. La route est déjà superbe mais les paysages qui nous attendent sont grandioses.
 
 
Montagnes de granite oú s'accrochent les dernières plaques de neige, oiseaux bleus des montagnes, deux biches et des points d'eau partout. Certains gros rochers semblent posés au milieu de clairières, comme par enchantement. L'eau est très claire aussi :
 
 
 
Le grand lac nommé Cathedral :
 
On dirait de la neige mais c'est bien la couleur de la roche
Et, juste pour le plaisir de partager nos photos :
 
 
 
 
Rendez-vous au lac Tahoe pour le prochain article ! Bon été à tous mes lecteurs.

 
 
 



lundi 15 juillet 2013

Sequoia et Kings Canyon National Parks : road trip de l'été 2012 dans le sud-ouest des U.S.A. (11)


Du 15 au 18 juin

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le séquoia. Il ne vous restera plus qu'à vous laisser impressionner par ses géants et surprendre entre deux troncs protecteurs une biche assoupie.

Après un repos bien mérité au camping Koa d'Isabella ... enfin pas de tout repos pour tous car une mouche s'est faite aspirer par Roland dans la tente ! et un " dirt devil " (mini-tornade de sable) nous est tombé dessus pendant qu'on faisait cuire nos lentilles sur le réchaud extérieur. Nous revoilà donc dans un parc national. Celui-ci m'a toujours fait rêver car il abrite les plus vieux et presque les plus hauts arbres de la planète (les Californian Redwoods atteignent 112 mètres et sont les plus hauts).

On commence par se perdre avant même d'arriver. Parfois, un panneau indique un nom de lieu-dit mais pas la direction correspondante ! Il faut dire que la tâche n'est pas simple car on choisit de passer par les petites routes sinueuses plutôt que de redescendre attraper l'autoroute. Une fois arrivés aux portes du parc, ce sont des travaux de bitume qui nous ralentissent. La route sera neuve si vous y allez après 2012.

Le camping de Lodgepole se situe à 2048 mètres (alors qu'on était parti de 518 m.) Il est très abrité et une biche viendra nous rendre visite tous les soirs à la recherche d'herbe fraiche.

Le lendemain, on prend la navette gratuite jusqu'à General Sherman Tree, le plus gros arbre au monde par le volume de son tronc : 1256 tonnes et 1487 m3. L équivalent d'un bain par jour pendant 27 ans si on remplissait le tronc d'eau. Cet arbre a 2 200 ans environ (le plus vieux a 3200 ans), et sa circonférence est de 33 mètres.
Il faut savoir que quand un séquoia est implanté dans un endroit idéal, il peut vite dépasser plus vieux que lui. Donc gros ne veut pas dire ancien !
Je suis comme au milieu de l'arbre, représenté par les pavés.
Vous remarquez que son tronc est irrégulier. C'est à la fois naturel et les cicatrices dûes aux incendies.



Le haut de l'arbre est mort donc il ne grandit plus. Par contre il continu de grossir.



Malgré l'intérieur d'un tronc ravagé par le feu l'arbre n'est pas mort
Puis, on sort des sentiers battus pour s'isoler dans la forêt. Après des semaines de déserts, on apprécie de pouvoir partir à la journée, protégés de la chaleur par l'ombre des arbres.





Certaines personnes, comme M. Tharp on vécu des années (1860-1890) à l'intérieur même d'un tronc :

Bon c'est spartiate quand même !

12,5 kilomètres nous permettent d'observer des écureuils gris " Chickarees " :


White-head Woodpecker ; un Tanager :


Une nuée de coccinelles :





une truite (?) dans l'eau transparente :


... et plein de Juncos :


On voit un cerf sur le chemin. Il estime que nous ne représentons pas un danger et poursuit sa route devant nos yeux attentifs :


Il est tellement détendu qu'il se vide la vessie !

A notre grande surprise ca ne se soulage pas à la manière d'un chien !


Les fleurs :




On se sent un peu comme à New York ici, le nez en l'air. Les arbres remplacent ici avantageusement les gratte-ciel de la grosse pomme.





De retour au centre d'information du camping, on visionne un film sur les ours bruns du parc. Il paraît que les grizzlis de Californie ont été exterminés. Cependant, ils apparaissent toujours sur le drapeau de l’État. Quelle tristesse. Les ours bruns nous ont passionnés avec leurs cycles saisonniers, leur régime omnivore, leur intelligence qui les met en danger car les rapproche des hommes. Dans ce même parc, au début du 20ème siècle, les visiteurs leur donnaient à manger ! Mais l'ours de Californie est spécial, il sait ouvrir les coffres de voiture ainsi que les portières. Pour eux c'est l'équivalent d'une boite de conserve !

Exemple de voiture détruite par un ours allêché...
Beaucoup de choses ont changé dans les mentalités face aux rapports entretenus avec les animaux et le respect de l'environnement. Par exemple, à la Belle Époque, 300 bâtiments s'élevaient au beau milieu des arbres millénaires, les empêchant de s'épanouir. Aujourd’hui, tout a été rasé pour laisser place aux sentiers pédestres.

Le matin suivant, navette jusqu’à Moro Rock pour profiter du panorama sur la fameuse Sierra Nevada.
Ascension de Moro Rock

Vue à droite
Vue à gauche avec la Sierra Nevada au dernier plan
Avec ses 643 kms de long et 95 à 120 kms de large, la Sierra Nevade surpasse la totalité du massif alpin.

Ensuite, on part pour 4,2 kms, en passant par Tunnel Log :



... pour rejoindre Giant Forest Museum. On surprend une biche en chemin :

Elle faisait une sieste.
Un ranger nous attend pour une balade de 1,6 km.


Il va ainsi nous apprendre que les grosses pommes de pins correspondent au Sugar Pine (pin sucre) et non au séquoia.


En réalité les cônes de séquoia sont plus petits qu'une pomme de pin français et leurs graines minuscules ! Les conditions pour qu'un de ces arbres grandissent sont tellement restrictives que c'est presque un miracle pour une graine d'atteindre l'âge adulte. Les séquoias grandissent seulement sur le flanc ouest de la Sierra, entre 1500 et 2130 mètres. Leur écorce tient éloignés les insectes, lichens et feux (il appartient à la même famille que les " cipres " de Louisiane.) On estime que les plus vieux arbres ont 3200 ans. S'ils meurent c'est parce que le vent les a fait tomber ou que l'irrigation n'était pas adaptée, les racines fragilisées (cf. les cabanes construites pour les touristes dans les années 1920). Non seulement ils résistent bien au feu lorsqu'ils sont adultes mais ils en ont besoin pour se reproduire. Alors là attention, j'étais déjà une spécialiste de la reproduction de la fougère mais c'est du gros dossier : avec la chaleur du feu, les cônes (qui peuvent rester sur l'arbre pendant 20 ans) tombent et explosent comme une grenade, relâchant les 200 graines qu'ils contiennent chacun. Sachant qu'un arbre produit 10 000 cônes, combien de graines seront relâchées en cas de feu (problème parfait pour les devoirs de vacances !) ? Malgré cette débauche, seuls 2 ou 3 graines arriveront à maturité.

On a réussi à prendre en photo un séquoia de la tête au pied :


Mais aussi d'une autre façon :

Roland et moi nous tenons chacun à l'extrémité d'un séquoia adulte, s'il était couché.
Et un vrai séquoia couché :


Ce parc a été créé après Yellowstone, en 1890. Grâce à la mobilisation de naturalistes comme John Muir mais aussi des fermiers de la vallée et de la Cie de chemin de fer du Pacifique. Chacun avait compris les intérêts de préserver cette forêt unique au monde. De plus, les bûcherons se sont aperçus que le bois ne valait pas grand chose pour la construction et demandait trop d'effort à transporter.

Ecorce de séquoia

Le froid nous oblige à nous lever tôt le lendemain. En plus, le matelas gonflable est tout déformé... On lève le camp pour parcourir le General Highway. Une biche traverse la route. On s'arrête d'abord à General Grant Tree, l'arbre qui a le plus gros diamètre au monde. Il est aussi l'arbre de Noël officiel des USA depuis 1926. Apparemment un nid de hibou y a été construit. Une parade de Flickers :



et un combat vertical de Juncos nous arrêtent un moment. Les Chipmunks sont encore partout mais trop rapides pour être pris en photos ! Puis on stoppe rapidement à Grizzly Falls. Le torrent qui coule au fond de la vallée est très beau :


On passe de 2000 m. (Lodgepole) à 900 m. (Grizzly Falls) et à nouveau à 1412 m. avec Cedar Grove. Là-bas, on part en promenade aux Roaring River Falls :


Biches et chickadees nous surprennent :




puis direction Zumwalt Meadows en longeant Kings River. Ah oui, ça y est. Nous sommes passés au parc qui touche Sequoia : Kings Canyon National Park. De fortes odeurs nous entourent. Ce que j'identifiais comme les gaz d'un putois sont en fait des champs de menthe sauvage (Lupine). Ça sent aussi le sirop d'érable. Probablement la résine de pins. La prairie est magnifique, très verte. Les oiseaux sont au rendez-vous. En  particulier les piverts, avec leur casquette rouge : Acorn Woodpecker.



On a fait 4,8 kms mais il fait tellement chaud qu'on a l'impression de n'avoir aucune énergie. On va quand même par curiosité jusqu'au bout de la route et au Muir Rock.


Les visiteurs se baignent et profitent des petites plages de la rivière. Finalement on a découvert que ce parc se découvre surtout en " backcountry " (loin des routes) pour visiter la Sierra Nevada et le Mont Whitney, à 4417 m. On a quand même profité des énormes arbres de la forêt et du Canyon, des paysages de montagne depuis la route. Direction Fresno pour passer une nuit avant d'atteindre le parc national de Yosemite (à ne pas confondre avec Yellowstone, même si ça commence par un Y !)

A bientôt !