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lundi 11 mai 2015

Suivez Mélodie pendant le Mardi Gras de la Nouvelle Orléans




Karine : Mélodie, tu travailles à la médiathèque de Lafayette mais, avant l'ouragan Katrina, tu habitais la Nouvelle Orléans. Tu y retournes souvent pour rendre visite à tes amis et à ta famille, en particulier pendant les célébrations du Mardi Gras. Peux-tu nous dire combien de temps cela dure et quel impact cela représente pour les habitants de « Big easy » ?


Mélodie : Mardi Gras est le moment le plus excitant et le plus perturbateur de l'année à la Nouvelle Orléans. Les parades commencent en général un mois avant Mardi Gras, plutôt le soir et les week-ends dans les faubourgs et la périphérie de la ville. La fête atteint son paroxysme les deux dernières semaines (jour et nuit) dans la ville même. Le programme des parades n'affecte pas les écoles ou l'organisation de la vie quotidienne avant ces deux dernières semaines. C'est à ce moment là que les emplois du temps des commerces peuvent être touchés et les déplacements dans la ville et autour deviennent épineux. Les écoles sont généralement fermées toute la semaine du Mardi Gras, ce qui permet aux élèves et leurs parents de participer aux festivités ainsi que de préparer le carême, très suivi chez nous.


Karine : Qu'est-ce qu'un « krewe » ? Combien en dénombre-t-on à la Nouvelle Orléans ?


Mélodie : Un krewe est un groupe de personnes qui se rassemble pour soit parader dans les rues de la ville soit être invité à un bal "sélect' "pendant la saison du Mardi Gras. Il existe actuellement 63 krewes à la Nouvelle Orléans.
 

Karine : Quel est ton krewe préféré ?



Mélodie : Mes deux chouchous sont Zulu, un des plus vieux, et le plus récent Orphéus.   




Voici le char que j'attends chaque année pour la parade d'Orpheus. Il s'appelle le « Smokey Mary » et représente une locomotive à vapeur. C'est le char du Mardi Gras le plus long de l'histoire et c'est très sympa de le voir rouler dans la rue.

Voici quelques photos du Krewe de Zulu. Un de mes meilleurs amis fait partie de ce krewe et a postulé pour être Monsieur « Big Stuff » pour Mardi Gras 2016…




Le gars à gauche en tenue complète est membre depuis deux ans.





Karine : Que faut-t-il faire pour faire partie d'un krewe ? Cela coûte-t-il quelque chose ?


Mélodie : Pour la plupart, il suffit juste d'exprimer son intérêt pour rejoindre un krewe approché. Pour certains, les personnes sont traitées comme membres d'une société honorifique pour laquelle il faut connaître quelqu'un pour pouvoir s'inscrire. Il y a beaucoup d'argent en jeu quand on fait partie d'un krewe qui défile. Il faut s’acquitter d'une carte d'adhésion à renouveler chaque année.


Des robes et costumes doivent être achétés pour les cérémonies et bals et chaque membre qui défile doit acheter ce qu'il jettera à la foule. Certains krewes exigent un certain nombre de colliers à lancer par personne pour s'assurer que les spectateurs profitent de l'expérience du défilé en ayant une chance de recevoir des colliers tout au long du chemin. Zulu par exemple impose non seulement des objets à lancer en quantité mais aussi que les membres qui paradent fabriquent des noix de coco décorée. C'est une expérience coûteuse d'être membre d'un krewe !


Karine : Et faire partie de la royauté est encore plus coûteux. Pourquoi voudrait-on être la reine d'un krewe si ça coûte si cher ?


Mélodie : A la Nouvelle Orléans c'est un honneur et un privilège d'être roi ou reine d'un krewe. La célébrité et la notoriété attachées au titre peut être considéré comme sans prix pour certains !


Karine : Pourquoi jète-t-on des colliers ? Oú sont fabriqués ces derniers ? As-tu vu le documentaire "Mardi Gras : made in China", oú on voit que les colliers sont fabriqués en Chine et ce qu'on en fait à la Nouvelle Orléans ?


Mélodie : C'est vrai que les colliers du Mardi Gras sont fabriqués en Chine mais je n'ai pas vu le documentaire. Je ne sais pas vraiment pourquoi on jète principalement des colliers, plus « fun » je suppose, mais je pense que la vraie question c'est pourquoi les gens deviennent complètement fous en les voyant ? Je veux dire, ce sont des colliers en plastique ! Sérieux ! Lol !


Karine : Donc, cette fête géante à l'échelle d'une ville est très sympa à vivre mais ce n'est pas un événement écolo, non ?


Mélodie : Pas vraiment. Il y a beaucoup de déchets et plein d'autres choses répugnantes laissés par terre après chaque parade. Cependant, il existe des collectifs maintenant qui tentent de changer ça. J'espère que ça va prendre et faire de cet événement quelque chose de plus respectueux de l'environnement. Pourtant, je ne sais pas comment changer l'urine et les défécations humaines laissées sur les seuils des maisons et dans la rue. C'est juste dégoutant !

Karine : A part les colliers, que peut-on attraper d'autre pendant une parade ?

Mélodie : La liste serait trop longue ! Peluches, chaussures, petits toilettes en plastique !, grands verres en plastique, noix de coco (cf. Zulu), sacs à main, ventouse … omg, je pourrais continuer un bon moment ! Lol !

Karine : Quelle est ta technique personnelle pour attraper un max. de colliers ? Certaines personnes parlent de l'« eye contact », tout est dans le regard ?

Mélodie : Regarder celui qui lance les colliers est très important pour qui veut en attraper ! Les lanceurs semblent chercher une connection visuelle avant de donner les objets. La distance par rapport au char est aussi importante. Si tu es trop loin, tu n'attraperas pas grand chose, si tu es trop près non plus, il y a une juste distance qui permet de tout attraper !

Karine : Est-ce que les écoles participent aux parades ? Avec les krewes officiels ?

Mélodie : Toutes les écoles qui ont une fanfare font s'entrainer les musiciens toute l'année pour pouvoir parader. Ces jeunes travaillent dur et j'admire leur tenacité à répéter autant pour participer aux défilés qui peuvent faire entre 11 et 24 kms de long.

Karine : Comment organises-tu tes journées et tes soirées ?

Mélodie : Mes journées et soirées du Mardi Gras ces deux dernières années ont été consacré à ma meilleure amie, qui vit sur l'avenue St. Charles. C'est une zone privilégiée pour voir la plupart des parades. Je me réveille tôt le matin pour faire le trajet de Lafayette jusque chez elle avant que les rues ne soient bloquées et pour pouvoir me garer convenablement et passer toute la journée et parfois la soirée sur son balcon.

Karine : Qu'est que tu préfères pendant les congés de Mardi Gras ?

Mélodie : KING CAKE ! (la galette des rois en version brioche, avec du sucre glace vert, jaune et violet !)  Lol ! Ça et passer du temps avec des gens que j'aime. Recontacter certains que je n'ai pas vu depuis un moment et passer du temps avec mon père, qui ne participe pas aux festivités.

Karine : Merci Mélodie ! Et bonne préparation du prochain Mardi Gras.







mardi 24 mai 2011

Céline, un aurevoir à la Louisiane



Avais-tu vécu ailleurs qu'en Belgique avant de venir en Louisiane ?

Oui, j’ai vécu un an en Italie dans le cadre du programme Erasmus. J’avais 21 ans et j’ai passé 1 année scolaire à Latina, près de Rome.

Tu es restée combien de temps en Louisiane ?

J’y suis restée 3 ans. J’ai vécu 2 ans à New Iberia et 1 an à Saint Martinville.

Quels sont les bons et les mauvais côtés de ton expérience en Louisiane ? Qu'est-ce que ça t'a apporté sur le plan professionnel et personnel ?

Les bons cotés professionnels :

Les élèves sont supers : gentils, respectueux, reconnaissants.
L’école est neuve et bien fournie en matériel et en technologie.
Salaire attrayant !

Les bons cotés personnels :
Le climat est très agréable (quoique parfois trop chaud en été !) : l’hiver dure environ 2 mois durant lesquels la température descend rarement en-dessous de -2 C.
J’ai découvert des paysages magnifiques ici en Louisiane, mais aussi aux USA.

Les mauvais cotés professionnels :

On nous prend pour des enfants : tout est contrôlé et il existe une procédure pour chaque étape de la journée. Nous n’avons pas beaucoup de liberté d’expression : on ne peut pas aborder des sujets tels que la politique, la morale, l’écologie… La charge administrative est telle que parfois on a plus l’impression d’être des gratte-papiers que des profs.
Les mauvais cotés personnels :

Le coté social m’a énormément manqué. Même si les Louisianais sont amicaux de premier abord, la relation est très superficielle. Ils ne cherchent pas à en savoir vraiment plus sur nous ou notre culture.

Que vas-tu regretter de la Louisiane et/ou des USA ?

L’immensité et la diversité des paysages que j’ai découverts : les chênes majestueux de Louisiane, la palette des couleurs improbables du parc de Yellowstone (mon coup de cœur), le désert suffocant de la Vallée de la Mort, les magnifiques couchers de Soleil sur le Grand Canyon, les superbes anfractuosités d’Antelope Canyon, Monument Valley, la Million Dollars Highway,…

Tu repars bientôt en Belgique, qu'est-ce que tu vas retrouver avec le plus de plaisir ?

Les sandwichs. En Belgique, nous avons des boulangeries qui vendent jusqu'à une trentaine de sandwichs différents. Les sandwichs sont composés d’une demi baguette croustillante (ce qu’on ne trouve pratiquement pas en Louisiane) garnie d’une salade (de poulet, de crabe, de crevette, ….) et de crudités. Mmmh !
Ton Top 3 des restaurants de Lafayette ?

- Café Vermillon
- Pamplona
- Bojangles (New Iberia)

Ton top 5 des lieux à visiter en Louisiane :

- Lake Martin avec Norbert Leblanc et son fameux Clair de Lune
- Petit-Déjeuner « Chez Jacqueline » à Breaux Bridge.
- New Orleans : Le Monde Créole, Bourbon Street, « Hurricane on the bayou » à l’Imax, le Garden District.
- Saint Francisville (y aller pendant le « Pilgrimage »)
- Avery Island (Jungle Gardens) ou Vermillon Ville
Ton top 5 des lieux à visiter aux USA : 
- Le parc Yellowstone (number 1!!)
- Death Valley
- Antelope Canyon
- Monument Valley
- Bryce Canyon

Tu reviendras ? Si oui, Pourquoi ?

Je ne sais pas. Vraiment, je reste partagée quant à mon expérience. L’avenir nous le dira…

Une recette belge ?


Les Frites, une fois !


Ingrédients :
- Pommes de terre (2 moyennes par personne)
- huile de friture (ou mieux du Blanc de Bœuf !!!)
  1. Faites chauffer de l’huile de friture à 150 C.
  2. Découpez les pommes de terre en forme de frite (section carrée d’environ 0,5 cm). Lavez-les et épongez-les avec un essuie-tout.
  3. Plongez les pommes frites dans l’huile pendant 7 minutes.
  4. Sortez les frites de l’huile, égouttez-les et déposez-les dans un plat contenant un essuie-tout.
  5. Faites chauffer l’huile de friture jusqu'à 180 C.
  6. Plongez les pommes frites dans l’huile pendant 2-3 minutes jusqu'à ce qu’elles soient bien dorées.
  7. Sortez les frites de l’huile, égouttez-les et déposez-les dans un plat contenant un essuie-tout. Faites-les sauter plusieurs fois dans le plat, salez et refaites les sauter plusieurs fois.
  8. Vos frites sont prêtes à être dégustées avec toutes les sauces que vous pourrez trouver (Brazil est la meilleure !!)
Ps : Voici quelques expressions belges :
      - un baraki (= expression associée : « quart monde sur Sambre », « roni casquette mobilette », personne peu éduquée et sans allure !)  

- une clenche (= 1. Poingnée de porte 2. Personne ayant fait une action stupide : expression associée « Klet »)

- une fois (on précise qu’on ne le demandera(ou fera) qu’une seule fois !)

- du brol (= désordre)
- dracher : pleuvoir fort





Photo prise au Grand Canyon (avril 2011)

jeudi 21 avril 2011

Visite d'une ferme biologique : Gotreaux Family Farm


En faisant une petite recherche sur Internet, je me suis aperçue que je suis loin d'être la seule à avoir visité et interviewé la famille Gotreaux, à Scott. Mais devinez quoi ! Ce billet a l'air d'être le seul en français. Bonne lecture les francophones !

Quand je suis arrivée à Lafayette avec Roland, j'ai tout de suite cherché à reproduire les bonnes habitudes que nous avions adoptées à Lyon (avec les paniers de Martin pour ne pas les citer). On m'a tout de suite dit "c'est pas gagné, parce qu'ici ils ne mangent pas de légumes et ils ne sont pas très sensibles aux produits bios et locaux" ou encore "c'est impossible de faire du bio ici avec tous les insectes qu'il y a".

Heureusement il y a les "farmer's markets", sorte de petits marchés en plein air où les fermiers et quelques artisans vendent leur production. C'est dans un de ces marchés que j'ai rencontré la première fois Brian Gotreaux . Plus tard, sa femme, Dawn, et lui nous ont invité sur leur propriété et je les ai interrogés.

Pour commencer en beauté, quand nous sommes arrivés, la famille était en train de finir une commande de coqs pour le restaurant Jolie's (seul restaurant qu'ils fournissent à Lafayette). Roland m'a tout de suite dit "ouh la, Karine ne tombe pas dans les pommes parce que, là, ils sont en train d'égorger en direct !" C'est vrai que c'est impressionnant de voir des coqs se vider et mourir devant vous mais il faut bien que quelqu'un le fasse non ? On est bien content de manger du coq au vin. J'ai donc continué, très pro, à poser mes questions !

Comment avez-vous démarré cette ferme ?

Au début, en 2000, nous voulions surtout avoir notre propre potager pour des raisons de santé. Je me suis retrouvé avec des produits chimiques dans le corps et voulait m'en débarrasser. J'ai changé de métier et, comme à l'époque il était impossible de trouver des produits biologiques en Louisiane, nous avons décidé de les faire pousser nous-même. Les commandes ont commencé à venir d'amis et nous nous sommes retrouvés fermiers à temps plein ! Aujourd'hui, je travaille avec ma femme et les enfants sont toujours avec nous. C'est très gratifiant pour une famille.

Comment est-ce que vous avez appris à cultiver bio ?
J'ai grandi à la campagne et j'ai beaucoup lu sur le sujet mais j'ai aussi dû m'adapter aux conditions de la Louisiane ! Il faut savoir être autodidacte et avoir du bon sens.
Vous êtes donc un Self made farmer !

Vous pourriez fournir plus de personnes si la demande croît ?
Nous sommes en train d'essayer d'acheter les terres environnantes mais nous ne sommes pas les seuls ici et ça coûte très cher d'investir. C'est plus facile de réussir dans ce métier si vous avez déjà des terres pour commencer.

On poursuit la visite en photos :

Les poussins :

Ils sont arrivés il y a peu (pas de poulets en hiver). Avec celle pour poisson, la nourriture pour poussin est la seule que Brian achète. Ils pourront bientôt gambader un peu à l'air libre mais attention ! il faut les protéger des renards et coyotes qui viennent s'en régaler.

Les poules pondeuses :
Ce que vous voyiez en arrière plan s'appelle une "Eggmobile” ou comment bouger les poules pour qu'elles aient toujours de l'herbe fraiche et qu'elles n'aient pas le temps d'abimer le sol. Intelligent non ?!
Coq et poule post coït ! La femelle sera vite enlevée à son beau pour servir de repas le soir même...

Les vaches :

Vache du Texas long horn - grandes cornes

Les tilapias :
Il y a 3 viviers protégés comme celui-ci. L'eau est verte car les poissons se nourrissent des plantes dans l'eau. Les remous sont dus à l'aération de l'eau. Ça oxygène l'eau et le lieu. Des semis poussent à proximité. Le tilapia est bénéfique au reste de la ferme car leurs excréments sont utilisés comme engrais naturel pour les pâturages. Ils en font aussi du compost pour le jardin. 
Les Gotreaux sont les seuls à proposer des tilapias en Louisiane. Le tilapia est un poisson d'origine africaine et beaucoup de ceux qu'on achète autrement en Louisiane sont élevés en Chine.

Boucs et mouton
Chèvre avec beaucoup de lait ! A quand le fromage de chèvre chez les Gotreaux !?

Plants de tomates. Ils peuvent atteindre le toit et redescendre !
Fiche bonus :

Anciens métiers de Brian : mécanicien pour l'armée et vendeur d'assurances !
Pays étrangers oú ils ont vécu : 2 ans en Allemagne et l'Italie.
Nombre d'enfants : 10
Production : Tilapia, bœuf, poulet, œufs, etc
Fruits : fraises (elles sont prêtes en mars ici !), figues, tomates (on arrête en juin-juillet car les insectes l'été s'y attaquent), pastèques, prunes, pêches, poires.
Légumes : courgettes, aubergines, okras ou gumbos, radis, concombres, pommes de terre, poivrons, laitues.
Autres : noix de pécan, oignons, tournesol (pour détourner les insectes des plantes).
Surface occupée : 11 hectares et des poussières.

Comme ils vivent avec leur temps, les Gotreaux sont aussi sur la toile. Alors, n'hésitez pas à faire un tour si vous voulez voir d'autres photos et lire un peu d'anglais :
Leur site Internet
Leur blog

Merci pour le temps que vous consacrez à produire des aliments sains et à éduquer les louisianais sur les engagements écologiques nécessaire à notre époque.

Prochain billet : délice d'écrevisses de Louisiane ! Préparez-vous à saliver...

mercredi 13 avril 2011

Valérie en Louisiane

Valérie et ses filles, Laura et Marine

Valérie est une amie belge. Elle est arrivée en été 2010 et repart bientôt pour son pays natal. Je l'ai interviewée pour qu'elle partage avec vous son expérience louisianaise et sa belgitude.

Avais-tu vécu ailleurs qu'en Belgique avant de venir en Louisiane ?
Oui, j'ai vécu en Allemagne 7 ans quand j'étais toute petite et 2 ans en République du Congo quand j'avais 13 ans.

Quels sont les bons et les mauvais côtés de ton expérience en Louisiane ?
Les côtés positifs sont le climat, les rencontres, les visites, grandir et profiter des choses, même seule.
Les côtés négatifs : le système éducatif américain. Je ne croyais voir que des alligators mais il y a aussi beaucoup d'autruches et de hyènes !

Tu repars bientôt en Belgique, qu'est-ce qui te manque le plus ?
Le pain, les frites ! Mais surtout mes filles pendant quelques mois (elles ne sont arrivées qu'en octobre et sont reparties fin mars) et mes proches. Je dirais aussi la vie culturelle et le fait de pouvoir exprimer ses idées ouvertement, sans formatage. Puis également des rapports professionnels plus humains, avec moins de procédures et d'hypocrisie.

Ton Top 3 des restaurants de Lafayette ?
Les frites et tapas du "Pamplona", "Louisiana crawfish time" et ses écrevisses, "Judice inn" pour les burgers.

Ton top 5 des lieux a visiter ?
En Louisiane : La Nouvelle Orleans, Avery Island et l'usine Tabasco, Jefferson Island.
Aux U.S. : Monument Valley, le Grand Canyon et Tucson pour une divine balade à cheval dans un parc de cactus géants. Mais je vais bientôt visiter New York, San Francisco et Hawaii donc ça peut changer !

Tu reviendras ? Si oui, Pourquoi ?
Oui, car je n'ai pas eu l'occasion de voir les chutes du Niagara.

Valérie n'est pas la seule expatriée belge ici, loin de là ! Je dirais même qu'il y a plus de belges que de français en Louisiane ! Du coup, on doit non seulement s'adapter aux expressions des cadiens mais aussi à celles de nos amis Wallons. Voici un petit florilège non exhaustif de mots typiques dans un récit fictif :
 " j'ai pris la nonante puis la septante pour aller chez Karine. C'était fort gaie de partager une glace avec elle. On a fait les sottes dans la rue Bourbon. Puis, on s' est dit a tantôt." Alors, vous y comprenez quelque chose ?


Autre expression : sous ton pète = sous tes fesses.
Le verbe "savoir" employé comme "pouvoir" dans certains cas.

Une recette belge :
Les carbonades flamandes (4 personnes)

Le secret, c'est la bière ! On peut utiliser une bière brune mais le top c'est la Leffe.

Prenez 500 g de viande de bœuf en morceaux qu'il faut faire revenir a la poêle juste pour obtenir une belle croute. Déglacer la poêle pour mettre le jus de la viande cuite dans une grande marmite. Couper un oignon très finement ainsi que deux gousses d'ail et les faire dorer dans le beurre.  Ensuite, tout mettre dans la grande marmite et verser au moins 1 litre de bière (jusqu'à noyer le bœuf ;-). Ensuite, y plonger une "tartine" (tranche de pain de campagne) recouverte de moutarde et de ketchup. Salez et poivrez. Laissez mijoter jusqu'à ce que la viande se détache facilement. Enfin, prendre de la Maïzena brune express (qu'on ne trouve qu'en Belgique jusqu'à preuve du contraire) pour épaissir la sauce. Servir avec de la purée et ... un verre de bière !

Bons souvenirs ensemble :
- Les chansons partagées : "Alfonse" de Linday Lemay, "Cadeau" de Marie LaForet. De vraies découvertes !
- Lectures d'histoires en français à la bibliothèque de Lafayette en janvier 2011 :

Duo de choc et de charme pour les enfants !
Merci Valérie. Bon courage pour le retour et merci de m'avoir fait découvrir les bonbons chokotoff, que j'ai d'abord appellé chokobon puis chokotop et enfin chokotopbons ! Démonstration en vidéo de comment manger ce caramel enrobé de chocolat :


La semaine prochaine, je vous fais visiter une ferme américaine hors du commun...

lundi 17 janvier 2011

Un américain vous raconte sa Louisiane.

Lorsque nous sommes arrivés en Louisiane, nous avons rencontré un américain pas comme les autres. En effet, son humour, sa façon de décrire son pays, sa passion dévorante pour les livres de tout acabit nous ont tout de suite attirés et donnés envie de le connaître. Il a bien voulu se prêter au jeu de l'interview et nous décrit sa façon de voir son pays, l'American dream (une réussite financière rapide) mais aussi les travers de la société et des Américains.

Qui êtes-vous ?
Le nom de jeune fille de ma mère était Kebodeaux, qui est Cadien. Le grand-père de mon grand-père, Ora Rigsby, a combattu aux côtés de la Confédération pendant la guerre civile. Je suis également un descendant des Amérindiens, mais le nom de la tribu a été perdu. Pour autant que je sache, mon nom de famille vient d'Angleterre. Tout ce mélange fait de moi un américain type.

Quels sont les bons et les mauvais côté des U.S.A. ?
Je suis fier d'être Américain. Ça semble très cliché, mais c'est vrai. L'Amerique est l'une des plus anciennes républiques démocratiques au monde. Notre Constitution nous gouverne depuis plus de 200 ans. Il y a autant d'interpretations de la Constitution qu'il y a d'interpretations de la Bible. Chaque citoyen doit apprendre à comprendre ce document complexe et cependant imprécis. C'est une question de devoir civique de se former à la connaissance pour maintenir une liberté américaine durable. Il est également essentiel de se préparer au style capitaliste du libre marché où nous vivons. Tout le monde peut passer de la pauvreté à la richesse dans un laps de temps très court. Les gens peuvent demander le salaire qu'ils veulent pour leur travail tant que quelqu'un est prêt à les payer pour cela. Tout ceci ressemble à une société parfaite quand on regarde les choses sous cet angle. Ce n'est pas parfait. La liberté que permet la Constiution est floue, et au lieu d'apprendre la Constitution et sa philosophie sous-jacente, nous refusons d'apprendre quoi que ce soit.

Notre système scolaire me rappelle la façon dont on nourrit un bébé. Et quand le bébé vomit la nourriture, on appelle ça alimentation. Ce n'est pas parce qu'un enfant peut mémoriser et recracher les noms et les dates du cours d'histoire qu'il peut appliquer ces connaissances à la vie. Après nos études, nous devenons paresseux et cessons d'apprendre, notamment au sujet de notre gouvernement et de l'économie. Dans un gouvernement basé sur la libre pensée et une économie fondée sur la responsabilité personnelle, avec une population qui refuse de penser librement ou d'en apprendre davantage sur les finances, il ne faut pas s'étonner que le peuple américain ait l'impression que leur gouvernement et leurs banquiers ont profités d'eux.

Quelles sont vos phrases fétiches sur l'Amerique ?
L'Amérique est un pays du tiers monde avec beaucoup de technologie.

Les Américains préfèrent la formule choque au raisonnement qui se tient.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus en Louisiane ?
En ce qui concerne la Louisiane, j'aime la nourriture. Toute personne souhaitant venir ici doit être prête à manger. Mon plat préféré est le gumbo. Une marmite de gumbo mijote sur la cuisinière pendant que je tape ce texte.

Votre saison préférée ?
Nous n'avons véritablement que deux saisons ici : chaud et humide ou froid et humide. Je crois que je préfère le froid. Si vous n'aimez pas le temps qu'il fait, attendez cinq minutes car ça peut changer !

Que feriez-vous visiter à des touristes francophones ?
Je conseille aux touristes de venir pour Mardi Gras, mais pas la peine d'aller à la Nouvelle-Orléans (c'est là que nous envoyons les touristes). Allez à Mamou pour Mardi Gras. C'est une sacré expérience, et c'est là que vont les Louisianais.

Vous préférez la Louisiane aux autres Etats des Etats-Unis ?
De tous les États des États-Unis, la Louisiane est l'un des pires. Le pire en criminalité, pour l'éducation, la coruption politique et la pauvreté. La seule raison pour laquelle je n'ai pas bougé est le manque d'opportunité. Malgré tous ces problèmes, la Louisiane compte les gens les plus sympathiques des États-Unis.


Votre livre préféré ?
Mon livre préféré est la Bible, mais pas pour des raisons religieuses. En ce qui concerne les romans, mon préféré serait la Trilogie "Crucifixion en rose" de Henry Miller (comprenant Sexus, Plexus et Nexus).






Aimeriez-vous visiter Lyon ?

Ma femme et moi aimerions visiter Lyon. Nous aimons voyager et faire l'expérience de différentes cultures. Cela semble aussi cliché, mais c'est vrai.

Je remercie notre ami pour ces réponses.

Bien sûr chers lecteurs j'attends vos commentaires !

Pour en savoir plus sur les Américains en général et leur façon de penser je vous conseille de lire Sacrés Américains ! Nous les Yankees on est comme ça, de Ted Stanger.
C'est une très bonne introduction pour comprendre ce peuple. Idéal pour préparer un voyage, long ou court. On rit, on s'étonne... Facile à lire car c'est un journaliste qui écrit et non un sociologue. L'auteur a aussi écrit Sacré français ! http://www.decitre.fr/livres/Sacres-Americains-Nous-les-Yankees-on-est-comme-ca.aspx/9782070319053

Les prochains billets porteront sur notre Noël en Floride avec des photos et des vidéos comme toujours exclusives !!

P.S. : c'est la saison des écrevisses ! Elles sont fraîchement récoltées et préparées à la mode Cadienne (épicées) pour notre plus grand plaisir. On s'en ait fait une ventrée... Voici une photo pour vous donner l'eau à la bouche :

lundi 20 décembre 2010

Elsa et la Louisiane

Etant trop occupée à préparer nos vacances (coupe de cheveux, itinéraire idéal en Floride, révision de la voiture, envoie des cartes de voeux, etc) vous n'aurez pas droit cette fois à un article sur l'école de Roland. Je le prépare pour 2011 ! Notre voisine Elsa a bien voulu répondre à mes questions. Découvrez-la dans cette interview exclusive ...


Elsa, 13 3/4 ans, élève au college de Lafayette, Louisiane :


Dans quels pays as-tu vécu avant la Louisiane ?


Avant de venir en Louisiane, j'ai vécu en Afrique. Pour commencer, de l'âge d'un mois à mes huit ans j'ai vécu au Burundi. Ensuite, nous sommes allés en Egypte pendant un an. Après l'Egypte, nous avons vécu en Belgique aussi pendant un an et nous sommes repartis en Afrique, au Congo, durant trois ans. Et nous voilà en Louisiane!


Qu'est-ce qui est différent ici ?

Il y a beaucoup de choses différentes ici, à l'école on se croirait dans une série télévisée... Je suis dans une école de fous : tout est interdit, on n'a pas le droit d'avoir des bracelets, on nous engueule quand on a des chaussettes bleues claires parce que normalement elles doivent être bleues foncées, la nouriture de la cantine est immangeable : trop de sel, trop de beurre, on ne sait même plus ce qu'on mange.

Qu'est-ce que tu aimes le plus ?
Ce que j'aime le plus ici c'est l'équitation et les magasins d'habits parce qu'en Afrique il n'y en avait pas. Dur, dur mais maintenant que je suis ici j'en profite au maximum!! ;)

Qu'est-ce qui te manque le plus ?


Ce qui me manque le plus, ce sont mes amis. On n'a plus trop le temps de se parler à cause du décalage horraire. Mais ce qui me manque, c'est des personnes qui parlent français. Je n'ai pas d'amies francophones de mon âge et parler toute la journée en anglais ça fait mal à la tête.

Tu t'es déjà fait des amis ? Tu leur parles en anglais ?


Oui je me suis fait des amies dans ma classe et on est obligé de se parler en anglais parce qu'on ne parle pas la même langue. Je suis dans une classe avec des Mexicains, un Vietnamien et deux Chinois et les autres éleves de l'école sont Américains. Le seul moyen de communiquer c'est de parler en anglais.

Ou vas-tu pour les prochaines vacances ?


Je vais en Floride pour mes vacances de Noël, je vais à Disneyworld! Je vais retrouver le soleil parce qu'ici je crève de froid!!

Autres remarques que tu aimerais faire aux lecteurs de ce blog :


Le truc vraiment bizzare ici c'est que dès que tu marches dans la rue, il y a tout le monde qui nous regarde bizzarement ou qui s'arrête pour nous demander si on est perdu ou en panne. Si on leur dit qu'on veut juste marcher, ils nous regardent comme si on venait d'une autre planète!!

Merci Elsa pour tes réponses. Bonnes vacances et bon courage pour l'école !

On se retrouve en 2011. Bonnes fêtes à tous et bonnes vacances à ceux qui en ont !