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vendredi 18 mai 2012

Mains en l'air !

Toutes vos armes doivent être déchargées et vérifiées par un agent de police.
Quel rapport les américains entretiennent avec les armes ? En avril 2012 nous avons assisté à un "Gun and knife Show". C'est une vente d'armes à feu, d'armes blanches et de munitions dans un lieu d'exposition.

En gros, au lieu d'aller au salon de l'artisanat vous allez acheter son premier fusil à votre petit fils ! En tant que française n'ayant aucun membre de sa famille chasseur c'est un spectacle étrange et assez terrorisant.

On n'a pas pu prendre de photos car, dixit la dame à l'entrée, " certaines personnes utilisent ces photos à mauvais escient, pour dénoncer la vente d'armes à feu". C'est pas notre genre ! Les seuls papiers demandés pour acheter sont une carte d'identité (pour montrer que l'acheteur a plus de 21 ans) et une carte bancaire...

Après avoir dépassé le stand d'inscription au NRA (National Riffle Association= Association de lobby pour défendre la liberté de porter des armes), soutenu par Charlton Heston jusqu'au trépas, nous sommes entrés dans la caverne d'Ali Baba...

Franchement, voir cet étalage de fusils de chasse, d'AK 47 et autres Kalachnikovs nous a fait flipper. Il y en avait pour tous les goûts et de toutes les couleurs. Pour Madame ou Mademoiselle, un discret et chic revolver rose ; pour Monsieur, un fusil pour chasser le canard le dimanche ; et pour le fiston, un mini-fusil (baby gun) couleur camouflage. Toute la famille est équipée !

Côté munitions, il y avait le choix aussi avec des balles qui vous explosent dans le corps, d'autres qui vous transpercent de part et d'autre, etc. Pour accompagner le chasseur il y a aussi les produits dérivés comme le viseur (très pratique pour faire mouche même quand on ne sait pas tirer), les jumelles nyctalopes, le silencieux (ça c'est plus pour les tueurs à gage non ?), ...

On a trouvé 2-3 stands de bijoux pour les accompagnatrices trainées par leurs maris. Enfin, le pire, c'était les quelques broches nazis et les autocollants "Tuons les tous, Allah reconnaitra les siens" et autres incitations à la haine raciale. Là, on s'est vraiment dit que ce genre de truc devrait être interdit ! On a depuis appris que tout peut être exprimé ici, tant que les personnes ne passent pas à l'acte... liberté d'expression oblige.

Franchement, je ne suis pas contre apprendre aux enfants l'art de la chasse et de la préparation des viandes de gibier. Je trouve même que c'est un avantage de savoir survivre dans la nature. Mais quand il est si facile d'acheter une arme, on ne sait pas combien s'en servent vraiment comme moyen de subsistance (chasse ou vol à main armée) et combien s'en procurent juste pour se sentir en sécurité. En plus, votre arme peut toujours se retourner contre vous. Et puis vous n'allez pas me dire qu'un poing américain va être utilisé comme moyen de protection !?

Mais c'est en partant qu'on a vraiment réalisé que toutes les personnes qu'on croise dans la rue sont potentiellement armées. Le déclic a eu lieu en voyant arriver au Gun Show un gars d'environ 25 ans, survêtement, attitude cool mais un flingue à la taille à demi-apparent sous son T-shirt ... A ce moment précis, on espère profondément que cette personne maîtrise ses nerfs en toutes circonstances !

Pour comprendre comment tout cela est possible, la minute d'Histoire avec professeur Roland :

En Louisiane, la crainte d'une régulation du port d'armes par Le Président Obama est palpable. En effet, il y a un contentieux important autour de l'interdiction du port d'armes à Washington D.C., la capitale. Les Républicains crient que cette loi n'est pas constitutionnelle (aux U.S.A, le 2ème amendement attaché à la Constitution prévoit la liberté de port d'armes). Et d'un point de vue légal, ils ont raison. Pour aider les Républicains, les industries d'armement forment un très fort lobby et financent de multiples actions en faveur du port d'armes. Cependant, les Démocrates sentent bien qu'il faut faire avancer cette question. Pour s'en convaincre, il faut juste regarder les chiffres de la criminalité aux U.S.A !

Pour comprendre, il est important de savoir que la création des U.S.A. (c'est à dire la ratification de sa Constitution en 1789) n'a été votée que suite à la promesse d'y attacher ces amendements, censés garantir les principaux droits des citoyens. L'unité des 13 colonies, l'embryon des U.S.A. s'est faite à ce prix.
Le comble c'est que la justification de cet amendement est de donner aux citoyens les moyens de se révolter contre le Gouvernement Fédéral, au cas où il outrepasserait ses droits. Vous voyez l'ambiance !
C'est comme ça qu'on peut entendre un Cajun, rencontré au Gun Show, nous expliquer tranquillement que Obama n'a qu'a bien se tenir, lui, il a fait des réserves de munitions au cas où...

La critique et la méfiance envers le Président Obama peuvent se traduire par des moqueries comme celle-ci :

Les méchants fument aux USA !
Certains continuent à faire vivre la légende d'un Obama musulman... et donc qui fait peur !

Voilà les amis ! C'était le dernier article de la saison, un peu polémique je vous l'accorde. Nous partons dans le sud-ouest américain pour étoffer le blog à la rentrée. Plus de découvertes en Louisiane et hors Louisiane dès le mois de septembre ! Bon été.

jeudi 21 avril 2011

Visite d'une ferme biologique : Gotreaux Family Farm


En faisant une petite recherche sur Internet, je me suis aperçue que je suis loin d'être la seule à avoir visité et interviewé la famille Gotreaux, à Scott. Mais devinez quoi ! Ce billet a l'air d'être le seul en français. Bonne lecture les francophones !

Quand je suis arrivée à Lafayette avec Roland, j'ai tout de suite cherché à reproduire les bonnes habitudes que nous avions adoptées à Lyon (avec les paniers de Martin pour ne pas les citer). On m'a tout de suite dit "c'est pas gagné, parce qu'ici ils ne mangent pas de légumes et ils ne sont pas très sensibles aux produits bios et locaux" ou encore "c'est impossible de faire du bio ici avec tous les insectes qu'il y a".

Heureusement il y a les "farmer's markets", sorte de petits marchés en plein air où les fermiers et quelques artisans vendent leur production. C'est dans un de ces marchés que j'ai rencontré la première fois Brian Gotreaux . Plus tard, sa femme, Dawn, et lui nous ont invité sur leur propriété et je les ai interrogés.

Pour commencer en beauté, quand nous sommes arrivés, la famille était en train de finir une commande de coqs pour le restaurant Jolie's (seul restaurant qu'ils fournissent à Lafayette). Roland m'a tout de suite dit "ouh la, Karine ne tombe pas dans les pommes parce que, là, ils sont en train d'égorger en direct !" C'est vrai que c'est impressionnant de voir des coqs se vider et mourir devant vous mais il faut bien que quelqu'un le fasse non ? On est bien content de manger du coq au vin. J'ai donc continué, très pro, à poser mes questions !

Comment avez-vous démarré cette ferme ?

Au début, en 2000, nous voulions surtout avoir notre propre potager pour des raisons de santé. Je me suis retrouvé avec des produits chimiques dans le corps et voulait m'en débarrasser. J'ai changé de métier et, comme à l'époque il était impossible de trouver des produits biologiques en Louisiane, nous avons décidé de les faire pousser nous-même. Les commandes ont commencé à venir d'amis et nous nous sommes retrouvés fermiers à temps plein ! Aujourd'hui, je travaille avec ma femme et les enfants sont toujours avec nous. C'est très gratifiant pour une famille.

Comment est-ce que vous avez appris à cultiver bio ?
J'ai grandi à la campagne et j'ai beaucoup lu sur le sujet mais j'ai aussi dû m'adapter aux conditions de la Louisiane ! Il faut savoir être autodidacte et avoir du bon sens.
Vous êtes donc un Self made farmer !

Vous pourriez fournir plus de personnes si la demande croît ?
Nous sommes en train d'essayer d'acheter les terres environnantes mais nous ne sommes pas les seuls ici et ça coûte très cher d'investir. C'est plus facile de réussir dans ce métier si vous avez déjà des terres pour commencer.

On poursuit la visite en photos :

Les poussins :

Ils sont arrivés il y a peu (pas de poulets en hiver). Avec celle pour poisson, la nourriture pour poussin est la seule que Brian achète. Ils pourront bientôt gambader un peu à l'air libre mais attention ! il faut les protéger des renards et coyotes qui viennent s'en régaler.

Les poules pondeuses :
Ce que vous voyiez en arrière plan s'appelle une "Eggmobile” ou comment bouger les poules pour qu'elles aient toujours de l'herbe fraiche et qu'elles n'aient pas le temps d'abimer le sol. Intelligent non ?!
Coq et poule post coït ! La femelle sera vite enlevée à son beau pour servir de repas le soir même...

Les vaches :

Vache du Texas long horn - grandes cornes

Les tilapias :
Il y a 3 viviers protégés comme celui-ci. L'eau est verte car les poissons se nourrissent des plantes dans l'eau. Les remous sont dus à l'aération de l'eau. Ça oxygène l'eau et le lieu. Des semis poussent à proximité. Le tilapia est bénéfique au reste de la ferme car leurs excréments sont utilisés comme engrais naturel pour les pâturages. Ils en font aussi du compost pour le jardin. 
Les Gotreaux sont les seuls à proposer des tilapias en Louisiane. Le tilapia est un poisson d'origine africaine et beaucoup de ceux qu'on achète autrement en Louisiane sont élevés en Chine.

Boucs et mouton
Chèvre avec beaucoup de lait ! A quand le fromage de chèvre chez les Gotreaux !?

Plants de tomates. Ils peuvent atteindre le toit et redescendre !
Fiche bonus :

Anciens métiers de Brian : mécanicien pour l'armée et vendeur d'assurances !
Pays étrangers oú ils ont vécu : 2 ans en Allemagne et l'Italie.
Nombre d'enfants : 10
Production : Tilapia, bœuf, poulet, œufs, etc
Fruits : fraises (elles sont prêtes en mars ici !), figues, tomates (on arrête en juin-juillet car les insectes l'été s'y attaquent), pastèques, prunes, pêches, poires.
Légumes : courgettes, aubergines, okras ou gumbos, radis, concombres, pommes de terre, poivrons, laitues.
Autres : noix de pécan, oignons, tournesol (pour détourner les insectes des plantes).
Surface occupée : 11 hectares et des poussières.

Comme ils vivent avec leur temps, les Gotreaux sont aussi sur la toile. Alors, n'hésitez pas à faire un tour si vous voulez voir d'autres photos et lire un peu d'anglais :
Leur site Internet
Leur blog

Merci pour le temps que vous consacrez à produire des aliments sains et à éduquer les louisianais sur les engagements écologiques nécessaire à notre époque.

Prochain billet : délice d'écrevisses de Louisiane ! Préparez-vous à saliver...

dimanche 9 janvier 2011

L'école de Roland

Comme promis, voici une rapide visite de l'école de Roland. Je me suis introduite à plusieurs reprises dans l'école, en toute légalité, afin de lire une histoire à des petits ou encore présenter Lyon à des grands. Vous allez également voir l'installation du Festival du livre en français qui a eu lieu fin novembre 2010. Suivez- moi !

Tout d'abord, il faut passer à l'administration pour donner son nom et dire pourquoi on est là. La plupart des visites émanent des parents qui viennent manger avec leurs enfants à la cafétéria... On vous donne un autocollant :

L'autocollant à mettre pour circuler à l'école quand on n'est pas professeur.
C'est à la photocopieuse, à l'administration, que vous trouverez Roland avant les cours.

Ensuite on va dans les couloirs. C'est un vrai labyrinthe ! Il y a des lignes de couleurs au sol qui indiquent où les enfants doivent marcher pour retrouver leur classe. Les déplacements se font donc en file indienne et en silence pour aller en cours de musique ou à la salle des ordinateurs.

Un petit tour à la cafétéria, où il fait toujours 5 degrés de moins que dans les classes.Vous allez mesurer l'étendu du dépaysement :
Tout d'abord, on passe prendre une petite bouteille de lait avec différents arômes, un plateau avec des compartiments (ni vaisselle, ni verre) et une fourchette ou une cuillère selon les repas prévus. Le couteau n'a pas droit de citer même pour la viande.Il semble que ce soit pour des raisons de sécurité. Pour l'eau, il y a les fontaines.
Puis des personnes (janitors) vous servent. Les adultes ont droit à du rab par rapport aux enfants. Ensuite, le professeur est censé s'assoir au bout d'une grande tablée où toute la classe s'installe.
Les haricots, la purée sont surprenemment épicés mais c'est normal au pays Cadien.
Le traditionnel deux tranches de pain (américain) et de la garniture au milieu revient assez souvent. Les jours de fête il y a du gumbo (cf. billet du 26 octobre 2010).
Service et repas prennent environ 25 minutes.
Pour faire passer 700 élèves, les petits mangent à 10H30 et les plus grands à 12H30.

Après le repas, retour dans la classe :
Quand on arrive près de la classe et dans la classe on se rend vite compte de l'importance des décorations. Beaucoup de posters sont affichés et un tableau de bienvenue est créé. Avant que l'école commence au mois d'août, les maîtres passent un à trois jours à préparer le "look" de leur classe.

Roland a des enfants entre 10 et 11 ans (5ème grade). C'est une école qui a été construite il y a peu et bénéficie de pas mal de moyens par rapport à d'autres en Louisiane. C'est pourquoi vous verrez par exemple un tableau numérique interactif au mur de la classe.

Pour préciser les choses, il faut vous expliquer que l'école est publique et que Roland n'enseigne pas que le français. En tant que professeur d'immersion, il donne des cours de maths, sciences (le programme est ambitieux puisque certaines notions sont du niveau Terminale en France), histoire (des US et de la Louisiane), géographie et français. Sa collègue américaine intervient uniquement pour le cours d'anglais, 2h par jour. Ses élèves sont en immersion depuis qu'ils ont 4 ans, le début de l'école ici. Ils comprennent donc très bien quand on leur parle même s'ils ne sont pas bilingues. Leur façon de s'exprimer n'est pas parfaite car la plupart ont des parents américains qui ne parlent que l'anglais à la maison.Mais ça reste impressionnant de pouvoir communiquer avec eux en français !

Ce programme d'immersion existe grâce au CODOFIL, une agence qui s'occupe du recrutement des professeurs, principalement en Belgique et en France. Au début du XXème siècle, le français a été interdit en classe en Louisiane. Les petits Cadiens se faisaient sévèrement punir s'ils parlaient français à l'école (comme les petits bretons en France). Leurs parents ne parlaient que français pour certains ! C'est comme ça que beaucoup de Cadiens ont finit par avec honte de parler une autre langue. Encore aujourd'hui on rencontre des Cadiens qui n'osent pas parler français. Pourtant on compte 700 000 Cadiens en Louisiane. Ils représentent la plus importante minorité parlant français aux USA. C'est aussi pour ça qu'il faut les encourager à parler leur langue et surtout ne pas corriger leur français. Ils ont des expressions différentes de nous et des mots qu'on ne connaît pas. A nous d'apprendre ce nouveau vocabulaire et d'exercer notre oreille à cet accent fleuri.

A Vermillion Ville, un musée en plein air qui reconstitue un village Cadien du début du XXème siècle, on visite l'école. Voici une photo de l'intérieur :

La dernière ligne écrite au tableau est un exemple de punition infligée aux enfants Cadiens.

Autre sujet de dépaysement, la tenue à l'école :
Comme l'a dit Elsa dans son interview (20 déc. 2010), chaque école a un "dress code". C'est plus souple qu'un uniforme mais donne un certain nombre de règles vestimentaires. C'est pourquoi la couleur de ses chaussettes est si importante ! Les professeurs aussi sont obligés de s'habiller d'une certaine façon, particulièrement les hommes. En gros, Roland ne peut pas s'habiller en jean ou en pantalon à poches ou avec des rivets. Il a donc fallu qu'on fasse des courses pour habiller monsieur quand on est arrivé en août 2010 ! On est d'abord allé au Walmart puisque c'est à côté de chez nous. Voyiez le résultat :

Désolée mais cette image ne veut pas se mettre dans le bon sens, Roland étant plus long que large ?!
Bon c'est vrai qu'il n'a pas la taille standard des américains mais on n'a rien trouvé d'autre que des pantalons qui le faisait ressembler à un pingouin. On a essayé d'autres endroits qu'on nous avait conseillés mais le choix était réduit pour sa taille "small" et rien n'allait. Soit ça ressemblait à un sarouel, soit à la pêche aux moules, soit les coutures étaient mal placées et le boudinaient.

On a finit par aller dans un centre commercial genre La Part-Dieu pour trouver des pantalons de marque italienne très bien coupés. Roland ne s'habille plus qu'en italien depuis. Jugez par vous-même :


Il italiano  nella sua casa !



Il Italiano nella sua scuola classe
Le vendredi par contre, relâche ! parce que c'est "Jean's day". Les professeurs et élèves peuvent porter un jean moyennant la modique somme de $1 (700 élèves dans cet établissement) à donner pour la caisse de l'école. C'est le moment de coordonner avec un magnifique T-shirt de l'établissement ou le T-shirt de l'immersion vendu par l'association de parents "Les amis de l'immersion " :


Allez les Mustangs (mascotte de l'école) !
 Dans d'autres écoles ils ont juste droit d'enlever la cravate le vendredi ! En fait toutes les écoles sont différentes.

Aussi, chaque professeur et élève portent un I.D., c'est à dire leur carte d'identité de l'école. Dessus, il y a une photo d'identité, un code barre, le nom et prénom et le niveau de la classe (grade). On doit se faire scanner le code barre avant chaque repas.
On dirait un agent de la CIA avec son badge haute sécurité.
Quand on parle toute la journée il faut boire aux fontaines disposées dans les couloirs : 
Ces fontaines ne vous rappellent pas les films américains ?
On termine la visite par la bibliothèque :
Voici quelques photos du Festival du livre en français que j'ai aidé à organiser pour les classes d'immersion et FLE (Français comme seconde langue). Elles sont prises avant la foule car on voit mieux les livres. Cependant, on a eu beaucoup de monde et les livres ont été commandés en nombre. Un vrai succès quoi !




On a même eu la chance d'avoir un monsieur Cadien pour lire une histoire aux enfants lors de la Fête Familiale :


Voila, si vous avez des questions posez les dans les commentaires.
Rappel : pour faire un commentaire, vous remplissez la case prévue à cet effet puis vous renseignez le profil "name" avec votre prénom. Pas besoin de remplir la case URL.

Le prochain billet sera l'interview de mon banquier, un homme formidable ! A la semaine prochaine.

mardi 26 octobre 2010

Qui a dit qu'on mangeait mal aux States ?

Cette semaine je vous fait découvrir deux endroits que j’aime particulièrement, l’un pour ses fruits et légumes et l’autre pour son pain - oui vous avez bien lu ! - et ses gâteaux.


Le premier s’appelle le Fresh Pickin’s. C’est une sorte de marché permanent, ouvert sur l’extérieur. On y trouve des tomates vertes pour faire des beignets ou des confitures :


Des cacahuètes et autres « mendiants » :



Saviez-vous qu’en Louisiane pousse l’arbre qui donne les noix de pécans ? La tarte aux noix de pécans est une spécialité de la région.
















Ici, les mangues, les ananas et les avocats sont délicieux. Ca faisait un moment que je n’en achetais plus en France non seulement pour le bilan carbone mais aussi pour le goût !

Spéciale dédicace à Manguito.












On trouve aussi des produits typiquement Cajuns :



D'autres pour lesquels on a besoin d’une traduction : marigane= sac à lait, roussette = choupique, ca vous aide ?



Et des choses tout à fait étonnantes :



J’ai demandé à des Cajuns si caca avait une autre signification pour eux mais ils m’ont répondu que non…

Tout est différent ici. Même la découpe des sardines. Celles-ci sont à la sauce piquante de Louisiane.


Enfin, il y a aussi des mots évocateurs de références musicales !







Le deuxième lieu que j’aime fréquenter ici c’est la boulangerie Poupart, des français qui se sont installés depuis plusieurs dizaines d’années. Ils sont très connus à Lafayette. Leur tarte au citron meringuée est exquise et nous avons testé pour vous la baguette :




Comme vous l'aurez compris, la Louisiane se distingue du reste des U.S. sur le plan culinaire. Il faudra que je vous écrive bientôt un article sur les vrais spécialités : boudin de Louisiane, beignets d'alligators, grenouilles géantes et autres soupes de tortues... En attendant, mon prochain billet sera consacré à l'actualité avec Halloween. Tremblez pauvres mortels !!


lundi 11 octobre 2010

Voiture, Walmart, dodo

Voici la trilogie de la ménagère de moins de 50 ans que je suis devenue.

Après avoir réglé la question de la maison, de la voiture, me voilà sur les routes de Lafayette pour faire mes courses. Le plus connu des hypermarchés ici est le Walmart. Je n’en avais jamais entendu parler avant mais on m’a dit que c’était l’équivalent de Carrefour en France. Il est ouvert 24h/24 et 7jours/7 et on en a un tout près de chez nous. On trouve de tout dans cet immense magasin, y compris des gens se baladant en bigoudis et/ou en pyjamas et pantoufles. Cliquer sur le lien ci-dessous pour quelques perles. Attention, certaines images peuvent choquer… :

http://www.peopleofwalmart.com/?page_id=9798.

En se baladant dans les rayons, on remarque vite les différences avec ce qu’on trouve habituellement en France :

- Tout est plus grand : les paquets de bonbons, de chips, les boissons, les pots de beurre… ;



- Il y a 36 marques de sirop d’érable ;

- On trouve des sodas inconnus en France comme Dr Pepper par exemple ;

- Il existe plein de saveurs en jelly, sorte de gélatine sucrée. Appétissant non ?



- Le rayon céréales pour le petit-déjeuner est immense ;

- Le fromage se trouve aussi sous forme liquide !

- Pas de lait longue conservation. Le maxi c’est un mois. Avec la chaleur qu’il fait ici en été, ne laissez pas le lait hors du frigo plus que quelques minutes car celui-ci tourne tout de suite (c'est valable pour les soupes et autres liquides).

- Les gâteaux sont fluos (une vidéo va apparaître si vous êtes patients !)



- Difficile de trouver un yaourt nature et leur consistance est très bizarre : gélatineuse ;

- Choix incroyable de sauces vinaigrette, sauces barbecue, sauces sucrées. On dirait que manger nature n’est pas dans les habitudes américaines. Il faut toujours qu’ils rajoutent du sucre dans le pain, un glaçage sur la brioche ou des paillettes de chocolats.

- Cette liste n’est pas exhaustive. On en découvre chaque jour !

On n’a pas fait attention la première fois qu’on a acheté du miel. C’était du miel pour diabétique ! Une contrefaçon de miel si vous préférez…

Ce qui nous a déprimés avec Roland quand il a fallu tout racheter, c’est que les articles les moins chers sont bien sûr en plastique. Le plastique, c’est fantastique mais quand le caddy entier en contient on ne se sent pas très écolos.

Je n’ai pas trouvé de set de casseroles simple avec manche. Ici, les casseroles ont deux anses et sont très lourdes.

J’ai découvert récemment que les aliments qui ne contiennent pas d’OGM le signalent par un logo. En France ce sont les préparations qui utilisent des OGM qui doivent le préciser. Une autre façon d’informer le consommateur.

Si la caissière vous demande " Do you want cash back ? ", ne la regardez pas avec des yeux de merlants frits. Elle vous propose de retirer de l'argent via sa caisse, sans frais. Une caissière peut donc faire office de distributeur de billets (" A.T.M. " en anglais) ! Du coup, au lieu de payer ses courses, on reçoit de l'argent. C'est beau l'Amérique, non ?!

Une fois les courses finies je n’ai plus qu’à rentrer à la maison… enfin si je trouve la voiture dans le parking et ce n’est pas gagné !

Allez, prochain billet je vous emmène au lac Martin pour vous montrer à quoi ressemble le bayou. Près à voir un alligator ?