mardi 24 avril 2012

Mardi Gras (5) : les Mardi Gras Indians


Après les Indiens de Louisiane, laissez-moi vous présenter les Mardi Gras Indians. Autre communauté, autres traditions...

Notre première rencontre avec les Mardi Gras Indians date de l'année dernière. On était tombé par hasard sur eux, entre deux parades de Mardi Gras (cf. article "Mardi Gras (2)"). Cette année, nous sommes allés spécifiquement à leur rencontre pour le "Super Sunday". C'est la parade du dimanche après-midi, proche de la St Joseph. C'est une occasion exceptionnelle de voir les "tribus" ou "gangs" descendre dans la rue avec leurs costumes fabuleux.

Qui sont-ils ? Ces personnes se disent Indiens car ils ont des descendants métisses Indiens-Afro-Américains. Avec le temps, ils sont visiblement plus Afros qu'Indiens. Mais c'est leur héritage du temps où les esclaves des colonies françaises pouvaient se marier et faire des enfants avec des indiennes libres. Alors, leurs enfants naissaient libres (c'est la mère qui transmet son statut d'esclave ou de femme libre à ses enfants) !

Le principe : ils tissent, cousent et brodent toute l'année leur costume et sont censés le brûler pour le mercredi des cendres. La plupart le garde et le réutilise deux-trois fois pour les occasions comme le Super Sunday ou le New Orleans Jazz and Heritage Festival. Ils répètent toute l'année aussi les chansons et danses associées.

Certains participants sont des anciens dealers ou voyous. En leur demandant de se consacrer des heures et des heures à un costume et en leur donnant cette fierté de créer eux-même cet habit, certains se détournent de la délinquance. C'est une véritable compétition pour qui aura fabriqué le plus beau costume.
Parmi eux, vous trouverez  Big Chief (le grand chef), le second, l'éclaireur, l'espion (qui anticipe les rencontres avec les tribus rivales), le porteur de drapeau, le traiteur (médecin), la reine, etc.


Dur dur de sélectionner les photos. Je vous propose cette série et vous laisse admirer leur œuvre d'une
année de couture.
 

 

 




 


 








Certains costumes pèsent plus de 50 kilos !

Ça donne soif et ça fait transpirer !


On divise les Mardi Gras Indians en deux principales zones géographiques : "uptown" (quartiers chics) et "downtown" (centre-ville.)



Indiens du Centre-ville et leurs costumes en relief et d'influence africaine.
Détail de broderie de perles des indiens d'"uptown".

Les masques sont d'influence africaine aussi, remaniés avec l'esthétique indienne sur le nouveau continent depuis les années 1800.




Un beau couple :


Paradant à pied, ils dansent et chantent à la manière africaine avec des tambours, tambourins et autres percussions. Les Mardi Gras Indians respectent une caractéristique de la musique africaine lorsqu'ils utilisent un style appel-réponse. Les paroles des chants sont un mélange d'anglais, de créole et de mots mystérieux (peut-être indiens) :



Un bicolore, rare :


Un porte drapeau :


Un médecin ?

Un fan des Saints, l’équipe de football américain de la Nouvelle Orléans :


Des enfants et adolescents, souvent très sérieux (et fatigués !) :




Si vous les rencontrez, dîtes leur qu'ils sont beaux ou "beautiful" !

Après la parade des chefs et leurs tribus viennent quelques chars :


Ça finit par une "Second line" ; tout le monde peut suivre la fin de la parade et danser au rythme de la fanfare (ou brass band), brandir une ombrelle ou agiter un mouchoir :


Mes sources (en anglais) :
- http://www.museevirtuel-virtualmuseum.ca/sgc-cms/expositions-exhibitions/festival/en/lsm/page3.html
- http://www.mardigrasneworleans.com/supersunday.html

samedi 14 avril 2012

Indiens de Louisiane

Photo prise dans la salle des fêtes de Vermilionville
On parle peu des Indiens en Amérique du nord. Si on ne s'intéresse pas à eux, il est très facile de ne pas les rencontrer. Ainsi, on reste sur des idées reçues qui les réduisent à des assistés dans les réserves par exemple. Pourtant, ils sont aussi enviés pour leurs casinos et les millions qu'ils génèrent. Mais qui sont les Indiens de Louisiane ? Et quelle est leur histoire ?


L'histoire :
Il y a 10 000 ans, les Indiens chassaient les mammouths, les paresseux géants et autres animaux de la région. Vers 1000 a.v. J.C., ils construisaient près des villages des monticules de terres dédiés aux funérailles et à la pratique religieuse. Plus tard, en complément de la chasse, de la pêche et de la cuillette, ils cultivaient le maïs, les haricots, les courges et autres citrouilles, les melons, les tournesols, le tabac et les patates douces. Les crustacés et poissons étaient au menu tous les jours pour les tribus qui vivaient sur la côte.
Avant l'arrivée des colons, les Indiens de nombreuses tribus se rassemblaient plusieurs fois par an sur un lieu sacré (pour fêter l'Equinoxe), économique (pour échanger des marchandises venues de toute l'Amérique du Nord) et social (trouver un mari !) Ce lieu s'appelle Poverty Point (au nord de la Louisiane, à côté du Mississippi). Pour en savoir plus, cliquez ici et (vidéo)

Le moyen de déplacement le plus courant pour les Indiens était la pirogue, un canoé pouvant transporter 2 à 3 personnes. Il suffisait de couper un "cipre" (bald cipres) en deux et de creuser l'intérieur. Le feu et des outils facilitaient la tache. Quand les Acadiens sont arrivés sur le territoire, les Indiens leur ont montré cette technique (ainsi que celle du bousillage de leurs cabanes en latanier : cf. article précédent).

Religion :  là je sèche mais beaucoup sont devenus chrétiens, avec l'influence des Français, Espagnols et Cadiens.

Exemples de mots indiens utilisés en Louisiane : chaoui (raton-laveur), Atchafalaya (longue rivière), bayou (rivière qui coule lentement). Mais ils parlent surtout français depuis la colonisation européenne. Encore aujourd'hui, beaucoup d'Indiens en Louisiane sont plus à l'aise en français qu'en anglais car ils s'entendaient presque tous avec les colons français. Cette langue a été transmise oralement de génération en génération.

Artisanat : l'art de la vannerie mais aussi de belles poteries.

Cuisine : le filé (feuilles de sassafras en poudre utilisées pour épaissir les soupes), le macque choux (maïs à l'étuvée).


En septembre 2011, au musée d'histoire vivante de Lafayette - Vermilionville - a eu lieu une journée de rencontre et de partage des cultures indiennes de Louisiane. C'était une extraordinaire opportunité de discuter (en français comme en anglais) avec d'authentiques Indiens et d'en apprendre plus sur leurs modes de vie !


Un chef de tribu. Il parle français comme vous et moi !
Parmi les invitées : Houmas, Chitimacha, Coushatta, et bien d'autres. Notamment la communauté de l'Isle de Jean Charles, commencée par un français marié avec une indienne. Il a été déshérité pour ça et a dû s'installer dans l'Isle. Pratiquement tous ses enfants ont épousé des indiens. Entre le 19ème et le 20ème, la communauté est passée de 4 familles à 77 personnes.
Le rôle de leur chef indien aujourd'hui : il est propriétaire d'une épicerie, s'occupe du courrier, arbitre les malentendus, représente son peuple à l'extérieur de la communauté et rassemble ses administrés pour des travaux utiles au village. Chaque chef nomme son sucesseur (souvent au sein de sa famille).

Continuer la lutte pacifique :
Triste réalité ; après l'achat de la Louisiane par les Américains (1803), les tribus ont perdu la plupart de leurs terres. Depuis l'arrivée des colons, ils ont été forcés de s'installer de plus en plus au sud, jusqu'à atteindre la côte ! Les Houmas sont les Indiens les mieux connus en Louisiane et une des seules tribus reconnues officiellement par l'Etat de Louisiane (depuis 1979 seulement !). Oui, vous avez bien compris, certaines communautés ne sont même pas reconnues en tant que telles par les Etats-Unis, certainement parce que le gouvernement devrait alors payer des pensions (si vous avez du sang Indien vous pouvez prétendre à une indemnité)... Depuis 1803, ne pas réclamer son identité indienne  a permis à beaucoup d'Indiens d'éviter la déportation dans les réserves de l'Oklahoma. Aujourd'hui, de nombreuses tribus de Louisiane se battent pour la reconnaissance de leur identité.


A Vermilionville, on a appris que l'éducation en Louisiane ne coulait pas de source pour les Indiens, comme pour les personnes de couleur d'ailleurs. Impossible pour les petits Indiens de fréquenter une école publique de blancs avant 1964-67 ! Un des chefs nous a dit que le chauffeur du bus scolaire ne voulait pas de lui et le fichait dehors. On ne mélangait pas les races (terme utilisé en Amérique sans que ce soit péjoratif semble-t-il)... Jusqu'en 1975, comme les petits Cadiens, ils étaient punis quand ils parlaient français à l'école. C'était pourtant la seule langue qu'ils connaissaient !

On a assisté à des ateliers artistiques mais on a aussi pu bricoler :
Une perceuse sans éléctricité !
Aujourd'hui et demain :
Bref, les Indiens de Louisiane vivent encore maintemant de façon isolée, sans assurance santé, sur des bandes de terres côtières menacées de disparaitre. L'érosion des sols est en effet très importante à cause des digues sur les bayous depuis les années 1930 (pour contrôler les inondations). En fait l'équivalent du territoire de Manhattan disparaît chaque année. Ça représente 12 000 hectares par an !
Les compagnies pétrolières (30% du pétrole américain vient de Louisiane) défigurent et fragilisent les marais. Ils creusent des canaux sans les reboucher alors que c'est la loi. La dernière marée noire a fait des ravages sur la nature et sur la santé et le métier de pêcheurs des Indiens notamment. Que leur reste-t-il donc, oú aller et quelle reconversion imaginer ?

Pour en savoir plus sur Vermilionville cliquez ici.
Le témoignage du Bougre du bayou
Pour voir des photos d'un PowWow (prononcez "Pa Waw") ; un rassemblement de tribus d'Amérique du nord, cliquez ici.

Si vous êtes Indien de Louisiane ou connaissez cette culture, vos apports sont bienvenus dans les commentaires. Merci d'avance.

La semaine prochaine on s'intéressera aux fabuleux costumes des Mardi Gras Indians. Patience...

vendredi 30 mars 2012

Un village acadien et créole : Vermilionville


On reprend cette semaine la découverte des sites à visiter dans notre belle paroisse, au cœur de la région (a)cadienne. Je connais bien Vermilionville puisque j'y travaille en tant que guide. Grâce à l'équipe, j'ai exploré l'histoire des acadiens/cadiens et de la Louisiane. Suivez le guide !

Vous m'aviez reconnue ?!
Le but de cet article est de vous donner des repères et envie d'en savoir plus. Ce n'est pas un cours magistral, ok !

Tout d'abord Vermilionville c'est un éco-musée où travaillent des artisans pour reconstituer la vie quotidienne des acadiens arrivés en Louisiane entre 1755 et 1785. Mais on parle aussi des Indiens, des esclaves, des gens de couleur libres et des Créoles vivant au même endroit et à la même époque ; il y a 200 ans.

Vermilionville c'est aussi le premier nom de la ville de Lafayette. Le bayou (mot indien signifiant rivière coulant lentement) Vermilion traverse Lafayette et passe tout près des maisons de notre musée en plein air. D'ailleurs, comme à l'époque, toutes les maisons font face à l'eau. En effet, le bayou était l'équivalent de la route de l'époque. Et quoi de plus pratique que d'habiter en face du bayou ?! Chacun avait un bateau ou pirogue et circulait sur le bayou pour pêcher, chasser, aller à l'école, etc. Aujourd'hui on peut faire des balades en canoé sur le Vermilion :





Pour les non-sportifs il y a le bateau à moteur :




Petit rappel sur l'histoire des Cadiens : ils étaient tout d'abord des français originaires principalement du Poitou mais aussi de Normandie ou de Bretagne. Aidés par les Indiens Micmacs, ils se sont installés à partir de 1604 en Nouvelle France ou Acadie (aujourd'hui au Canada -Nouveau Brunswick, Nouvelle Écosse- et le nord du Maine). La France et l’Angleterre se sont déchirées pendant des années pour ses territoires du nouveau monde. En 1713 est signé le traité d'Utrecht : l'Angleterre obtient le territoire de la Nouvelle Écosse. Après une période de tolérance de la part des Anglais, ils décident en 1755 de mettre en œuvre le Grand Dérangement : la déportation de 10 000 Acadiens. Les maris et femmes sont séparés. Les biens confisqués. Ils sont envoyés dans les 13 colonies de Nouvelle Angleterre. Beaucoup périssent dans les bateaux insalubres ou meurent de faim dans les colonies qui ne les accueillent pas bien. Certains rentrent en France, d'autres vont en Haïti. D'autres encore se retrouvent en Louisiane. En effet, le gouvernement espagnol (depuis le traité de Paris de 1763 et jusqu'en 1800) leur donnent des terres et des outils et les Acadiens s'installent soit près des bayous et marais soit dans les prairies (autour de Lafayette). Au début du 19ème siècle, entre 3000 et 4000 Acadiens s'étaient installés en Louisiane. Ils recréent leur communauté francophone parmi les Créoles. S'emploient comme fermiers, bucherons, pêcheurs, trappeurs. Une minorité deviendront propriétaires de plantations.


Carte des mouvements de migrations des Acadiens avec le Grand Dérangement
On a commencé a appeler les Acadiens "Cadiens" à la Guerre de Secession. Les "Yankees" qui brulaient les fermes ont raccourci leur nom. C'est devenus un terme péjoratif pour certains, désignant une population illéttrée et pauvre. Depuis, les Acadiens qui sont devenus avocats ou riches commerçants se disent américains et non Cadiens. Les américains ne sachant prononcer le "d" de Cadiens finissent par les appeler "Cajuns".


La plupart des maisons de Vermilionville ont été données par des particuliers. Elles proviennent de familles riches qui avaient des plantations et des ranchs (vacherie en cadien). Cependant, la majorité des maisons acadiennes de l'époque n'avaient qu'une pièce. En effet, la cuisine et les toilettes étaient toujours séparées.

Exemple de cuisine :


Il y avait deux causes de mortalité chez les femmes : la première c'est la mise au monde d'un enfant. La deuxième c'est de prendre feu. Avec les grandes robes qu'elles avaient et le travail près de la cheminée, on pouvait vite s'enflammer et brûler toute la maison. C'est pourquoi les cuisines étaient séparées de l'habitation principale. La chaleur et les odeurs constituent d'autres raisons pour justifier cette séparation.

Les maisons étaient aussi très isolées les unes des autres, 1-2 km environ. Voici une maison typique du sud de la Louisiane : surélevée, en bousillage et bois de cypre, avec les escaliers qui mènent à la garçonnière.


Le bousillage est la mixture faite de boue et de barbe espagnole. C'est le même principe que le pisé dans la Dombes par exemple. Le mur est en colombage et on applique le bousillage entre les poteaux de bois, comme isolation. Tous les matériaux se trouvaient sur place, c'est pratique !

Voici à quoi ressemble la barbe espagnole :


La barbe espagnole (mot inspiré par les conquistadors) est cette plante qui pend aux branches des arbres et buissons en Louisiane. Ce n'est pas un parasite et ça ne fait pas de racines. Ça vit de l'air et de l'humidité. On peut facilement l'enlever de l'arbre afin de l'utiliser pour le bousillage mais aussi pour rembourrer les matelas, les coussins, ... Chevrolet s'en servait un moment pour les sièges de ses automobiles.

La garçonnière désigne le lieu où dormaient les garçons à partir de 12-13 ans (l'âge adulte à l'époque). Comme les escaliers sont à l'extérieur, ils pouvaient aller et venir à leur guise alors que les filles aînées, elles, avaient leur chambre au bout de celle des parents. Pas d'escapades pour elles !

Voici une cabane indienne. Elle est faite en roseau, bousillage et latanier (couverture du toit). Elle pouvait abriter toute une famille.


Les indiens ont beaucoup aidé les acadiens à leur arrivée en Louisiane. Ils ont notamment montré la technique du bousillage et partagé bien d'autres connaissances nécessaires à la survie dans ce nouvel environnement, si différent de l'Acadie.

Four extérieur indien, en bousillage.
On continue avec l'école : pour en savoir plus cliquez ici et chercher cette phrase : " Ce programme d'immersion existe grâce au CODOFIL..."

J'aime bien jouer à la maîtresse !
La forge :



Le seul endroit où on faisait faire des outils. Le forgeron fabriquait des clous et outils pour la construction ou le travail des champs. Souvent au centre du village, les gens venaient y faire leur commande le dimanche avant l'église. L'occasion idéale pour raconter les derniers ragots !

L'église catholique :


Avant l'achat de la Louisiane par les américains, en 1803, la seule religion légale en Louisiane était le catholicisme. Les premiers colons français mais aussi les espagnols et les acadiens étaient catholiques. Les propriétaires d'esclaves avaient l'obligation de leur donner une éducation religieuse catholique (à défaut d'une éducation tout court). Quand les américains ont commencé à s'installer en Louisiane, il y a eu un choc des cultures. Pour se démarquer d'eux les personnes nées en Louisiane étaient appelés Créoles, quels que soient leur statut social et leur couleur de peau. Aujourd'hui, le mot Créole a évolué et désigne plutôt les personnes de couleur nées en Louisiane. Le Créole c'est aussi une langue, une cuisine, très liée à la ville de la Nouvelle Orléans.

Je vous présente les artisans qui montrent les savoir-faire de l'époque, ici c'est le filage du coton avec Brenda :


Jules et son accordéon :


Greg en train de fabriquer un filet de pêche :


Cliff, qui sculpte le bois :


En bref il faut retenir que la Louisiane a accueilli sur son sol des gens de toutes origines (Indiens, Français, espagnols, acadiens, africains mais aussi allemands, etc). Ils ont su s'adapter à son climat et ses richesses. Il y a 200 ans on faisait soi-même ses vêtements, ses bougies, ses légumes et tout un tas d'autres produits qu'on achète aujourd'hui au supermarché.

Si vous venez à Vermilionville sachez qu'il y a un restaurant ouvert pour le déjeuner. Ne ratez pas les concerts du dimanche ; surtout des têtes blanches mais quelle pêche ! Les santiags et chapeaux de cow-boys sont au rendez-vous et certains messieurs parlent français et veulent vous ramener chez vous... Il y a aussi un boeuf tous les samedis. Ils organisent aussi des journées spéciales où ils invitent soit les tribus indiennes de Louisiane, soit des associations environnementales et suivent les fêtes (Toussaint, Noel, Mardi Gras, etc).

Si vous avez envie d'en savoir plus sur un sujet, vous avez trois possibilités :
1) faire un commentaire et poser votre question. J'essaierai d'y répondre du mieux que je peux
2) chercher les infos sur Internet ou dans votre bibliothèque municipale
3) visiter Vermilionville et découvrez par vous-même la Louisiane.

On se retrouve bientôt pour plus d'infos sur les Indiens de Louisiane !

mercredi 7 mars 2012

Mardi Gras (4) : parades

Référence détournée d'une chanson bien connue de Bob Marley !

Voici juste quelques photos, toujours sur le thème du Mardi Gras, pour vous montrer l'ambiance de ce carnaval en Louisiane, et vous rappeler un brin d'Histoire. 

Après son courir de Mardi Gras, le village de Church Point avait organisé une parade, comme en ville (comprenez la Nouvelle Orléans). Il y avait donc des chars et des colliers. On a refait le plein ! Pour obtenir des colliers il faut dire " throw me something, mister/miss ! " et je vous conseil aussi l' " eye contact ", c'est à dire, regarder une personne en particulier et lui faire un grand sourire. Ça marche bien comme technique.

J'aime les toilettes portatifs sur les chars !
Bus aux couleurs de Mardi Gras : violet, or et vert.
J'en profite pour faire un rappel historique sur le Mardi Gras en Louisiane :

Tout d'abord c'est une coutume que les premiers colons français ont ramené de la maison car on y pratiquait ce rituel depuis le Moyen-Age. Certains affirment que les véritables fêtes commencèrent à la Nouvelle Orléans en 1827, quand un groupe d'étudiants revenus de Paris a imité ce qu'ils avaient vu là-bas. Cela consistait principalement à se déguiser et à danser dans les rues. En 1833 fut établi le premier bal du Mardi Gras en Louisiane. A cette époque, la ville donnait une image de chaos et les autorités tentaient, sans succès, de faire annuler ces rassemblements.

Le premier Krewe (organisation du Mardi Gras et ses membres) s'est formé en 1857 et pratiquait une retraite aux flambeaux. Son nom : The New Orleans 'Ye Mystic Krewe of Comus. En 1872 se crée le Krewe de Rex, un des plus célèbres de la Nouvelle Orléans. C'est en 1875 que Mardi Gras devient officiellement jour férié en ville. 1892 officialise les couleurs de Mardi Gras et leur symbolique : or (pouvoir), violet (justice) et vert (foi).

Une parade se compose principalement de porteurs de flambeaux, d'une fanfare locale, de cavaliers et de douzaines de chars plein de membres masqués et costumés qui lancent des colliers mais aussi des verres en plastique, de fausses pièces de monnaie, des jouets de toutes sortes et parfois même de la nourriture !

Liste non exhaustive de Krewes :
- Le Krewe des chiens : Barkus (cf. l'article de l'année dernière en cliquant ici). Bark en anglais veut dire aboyer. Leur règlement stipule que les chats sont bienvenus mais qu'on ne peut garantir leur sécurité. L'organisation à but non-lucratif obtient des fonds profitant aux refuges d'animaux et à la SPA américaine.
- Venant d'une très lointaine galaxie, le Krewe de Chewbacchus (référence à Chewbacca) s'adresse aux fans de Star Wars.
- Krewe d'Elvis (oú chacun est le "King" ou roi.)
- Lords of Leather Mardi Gras Krewe. Leurs bénéfices vont à la communauté homosexuel et aux victimes d'ouragans.
- Mystic Krewe of Laff (pourrait s'écrire "laugh"= rire en français) qui doit son nom au grand esprit de l'humour et de la joie.
A noter : aujourd'hui les célébrations durent au moins 3 semaines à la Nouvelle Orléans.
En gros il ne vous reste plus qu'à trouver un Krewe qui convient à votre personnalité !
On a aussi participé à une parade à Lafayette. Quand je dis participer c'est vraiment faire partie intégrante de la parade. Vous me reconnaissez ?
Je suis tout à fait à gauche.












Son nom : Saint Streets Independent People's Parade. Le lieu : le quartier des rues aux noms de Saints, à Lafayette. Pas mal de monde souhaite s'installer dans ce voisinage, apparemment très "détendu" et ouvert d'esprit.

C'est la sixième année que David et Franny organisent cette parade où ils invitent leurs voisins et amis. De fait, il n'y a pas grand monde à qui jeter des colliers puisque les habituels spectateurs sont dans la parade ! Il y avait quand même quelques voisins et passants de fortune.

Des jeunes, des vieux, des animaux, des véhicules de toutes sortes (vélos, tricycles, caddies, etc) et surtout des instruments de musique. Les amateurs étaient bienvenus pour "Laissez les bons temps rouler" (en français dans le texte.) La particularité de cette parade est que ça ne coûte rien de défiler.

Les masques sont en place...

Franny donne le top départ !
Il y avait même de la volaille vivante. On ne leur a pas trop couru après étant donné qu'on était dans la rue. Par contre, on a joué à un jeu étonnant : une cage, une grille de numéros par terre. On parie sur quel numéro le volatile va faire sa fiente. C'est drôle car on l'encourage bien sûr et c'est surtout moins violent que les combats de coqs qu'il y avait dans le passé. Il y a de beaux spécimens :

Le déguisement typique du Courir de Mardi Gras.
Les poules ici sont mélomanes :



Les colliers lui vont bien non ?
Pour vous en dire plus sur le coût de participation à une parade, sachez que cette année par exemple la reine du krewe (organisation de membres) des troubadours a dépensé 55 000 dollars (adhésion, place dans le char, robe, repas royal, colliers a lancer, invitations, photos, cadeaux, etc.) C'est plus cher qu'un mariage et elle n'avait que 16 ans !

Dans certaines familles, on prépare dès leur plus jeune âge les futurs rois et reine de krewes. Ils défilent pour des événements privés afin de s'habituer à apparaître en public. Nous avons eu l'opportunité de voir un échantillon de ces jeunes prometteurs lors d'un dîner. On les présentait comme Roi de Suède ou Reine d'Autriche. Ah, le fantasme de la noblesse !

Deux prétendus rois scandinaves.

La petite dernière (en violet) devait avoir 2 ans.
Même après Mardi Gras, les parades continuent à la Nouvelle Orléans. Par exemple, les communautés italiennes, irlandaises, etc, organisent leurs fêtes urbaines sur la thématique de leurs origines.

Voilà ! le Mardi Gras c'est fini et je vous prépare quelque chose de complétement différent pour le prochain article.