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mercredi 10 octobre 2012

Guadalupe Mountains National Park : road trip de l'été 2012 dans le sud-ouest des U.S.A. (2)




Du 27 au 29 mai.

On commence les randonnées avec ce Parc National, préambule pour nous de découvertes toujours plus étonnantes sur la géologie du continent nord-américain.

Pour aller de San Antonio à Guadalupe Mountains il y a pas mal de miles (donc encore plus de kilomètres) à avaler. On traverse les paysages rocheux et désertiques du Texas.


Parfois on voit des petits puits de pétrole ou des champs d'éoliennes :


On manque de se faire écraser par un camion roulant à contresens !

En fait, c'est la tête d'un camion qui est remorquée dans cette position.

Voici l'événement majeur de la journée :


Et oui, nous crevons un pneu en plein désert ! Bien entendu, il faut vider tout le coffre... On n'a pas trop chaud car l'orage menace. On ne sait pas ce qui est le pire cependant. Roland arrive à installer une galette " donut " et à rouler jusqu'au camping de Van Horn, bourgade perdue au milieu de nulle part. Ambiance Bagdad Café :



On espère trouver demain un garagiste ouvert un jour férié (c'est toujours le week-end de Memorial) et qui puisse nous changer le pneu d'une vieille Chevrolet Lumina. En attendant, on est pratiquement les seuls clients du camping :


Et il n'y a strictement rien à faire dans le coin si on n'a pas de voiture en état. Du coup, on visite le camping et on trouve ce panneau, à côté duquel un petit rocher est suspendu.

Traduction :
" Si le rocher est mouillé... c'est qu'il pleut
Si le rocher se balance...c'est qu'il vente
Si le rocher est brûlant...c'est qu'il fait chaud
Si le rocher est frais...le ciel est couvert
Si le rocher est blanc... c'est qu'il neige
Si le rocher est bleu... il fait froid
Si le rocher a disparu... Ouragan !

Le bulletin météo actualisé en direct, préparé avec soin par le KOA de Van Horn ".

Nos voisins de tente sont majoritairement des lapins,





 Des colombes du désert,


Et de bruyants " gracles ". Ces oiseaux noirs ont placé plusieurs nids dans chaque arbre et rivalisent de vocalises jusqu'à ce que la nuit tombe, enfin ! Ce soulagement ne nous empêche pas de connaître une nuit agitée car froide, en contraste total avec la chaleur extrême de la journée. Je suis allée chercher nos vestes dans la voiture vers 1h du matin puis, quelques degrés en moins plus tard, Roland a récupéré le duvet. On pensait qu'on ne le sortirait qu'à Yosemite mais on va s'en servir toutes les nuits désormais.


Le lendemain, le problème de pneu résolu, nous décidons d'explorer, au nord de Van Horn,  un parc national peu connu des français : Guadalupe Mountains. Sur la route on surprend un renard en train de traverser. Il était très beau, mais trop rapide pour qu'on le prenne en photo...

Le sommet du parc s'appelle El Capitan :


Une fois installés au camping...



... on décide de faire une première randonnée de 11 kms dans ce paysage sec et montagneux, à Mc Kittrick Canyon. Ces paysages nous font un peu penser à la garrigue. Il y a beaucoup de pierres mais la marche est agréable et très ensoleillée. Nos jambes se dérouillent et notre sens de l'observation se redéveloppe pour apercevoir le magnifique Western Tanager :


Pas mal de lézards,


 Dont un à gorge bleue :

On dirait qu'il irradie de bleu, non ?

Enfin, ce cent-pattes géant (25 cm !) et venimeux...

... beaucoup plus grand que nos mille- pattes donc ! Allez comprendre ...

En somme, des montagnes, des vallées et des canyons déployés dans un vaste espace.


Et aussi un trompe l'oeil :
Vue du ciel ou palmiers poilus ?!

Le cadeau de la journée : arrivés aux grottes, avant de faire demi-tour, Roland remarque une maman " Plumbeous vires " nourrir ses petits dans un nid suspendu aussi grand qu'une balle de tennis. Le ranger ne sait pas nous dire en quelle matière est fait le nid mais ça ressemblait à du bois aggloméré entouré de toiles d'araignées...


On se lève tôt  le lendemain (de toute façon il fait trop froid pour trainer dans le duvet) pour emprunter sur 3,7 kms le Smith Spring trail. Les oiseaux et insectes sont actifs dès le lever du soleil. Les pompiers aussi, ou en tout cas l'équipe de maintenance ; les " Diables " !


En effet, un feu se propage au sommet du parc, sur El Capitan, et il doit être contenu pour ne pas mettre en danger les animaux et les visiteurs du parc.


 
Avant même d'arriver au pied du sentier, on voit 2 biches à queue noire. On en verra plus tard une autre au milieu des collines. Elles ont de grandes oreilles qui leur permettent de ventiler plus efficacement (comme les lapins d'ailleurs).


L'intérêt du lieu réside dans la présence de sources au milieu de cette portion nord du désert de Chihuahua. Les lézards ne sont pas les seuls habitants, avec les figuiers de barbarie. Les blaireaux, dindons sauvages, putois, " ringtail", couguars et ours brun vivent ici. Il faut être un expert lève tôt et chanceux pour les voir ! Parmi les arbres, on aime le genévriers-alligator (remarquez l'aspect de son écorce) :


et l'arbousier du Texas, avec son écorce rouge et lisse :



Les plantes :
Leur diversité nous épate...

Agave du Nouveau Mexique.
Les 3 prochaines photos ont été prises sur le même type de plante mais à différents stades de la floraison :



Je n'ai pas toujours leurs noms mais voici les plantes et fleurs les plus courantes :




Yucca. Plante extraordinaire dont on reparlera dans nos prochains articles.






Celle-ci répond au nom de "Paintbrush", c'est à dire pinceaux.



L'histoire géologique du parc : un récif de fossiles marins formé il y a 280 millions d'années, à l'époque où un vaste océan tropical recouvrait en partie le Texas et le Nouveau Mexique. Quand la mer s'est évaporée, le récif apparût avant d'être enterré sous une épaisse couche de sédiments. Une secousse sismique l'a fait réapparaitre. Il s'élève aujourd'hui au dessus du désert.

Les habitants : les Indiens Nde. Ils venaient chasser et camper ici occasionnellement. Ils n'ont pas vraiment apprécié l'arrivée des Européens et, en 1849, l'armée américaine commença une campagne contre les Nde qui dura 30 ans, les cantonnant aux montagnes de Guadalupe. Finalement, ils furent tous chassés en 1880. Pendant ce temps, les diligences amenaient le courrier à travers les montagnes, sur la première route postale intercontinentale des USA. Des ranchs s'élevaient au milieu de ces plaines arides.





Si vous avez du temps, un ranger nous a conseillé le " bowl ", territoire riche en animaux paraît-il. En ce qui nous concerne, il faut déjà nous en aller vers d'autres horizons... A bientôt.

lundi 24 septembre 2012

San Antonio, Texas : road trip de l'été 2012 dans le sud-ouest des U.S.A. (1)


Du 25 au 26 mai 2012.

Et voilà ! Nous commençons aujourd'hui le récit de notre dernier été en tant qu'expatriés aux États-Unis. Direction le sud-ouest pour 1 gros mois de paysages époustouflants, de randonnées et de découvertes sur les Indiens ....


Roland a fini son année scolaire à la Nouvelle Ibérie, en Louisiane. On était tellement impatients de profiter des vacances que les valises étaient prêtes dès le lendemain du dernier jour d'école.

Tout a été vendu, seuls nous restent deux valises et le matériel de camping qu'on va utiliser pendant 1 mois de "road trip" (voyage en voiture) dans le sud-ouest des USA.

Le coffre de la voiture est plein !
On s'attend à un climat beaucoup plus chaud que l'année dernière (dans le nord-ouest) puisqu'on va traverser des déserts. Après des adieux émouvants aux amis de Louisiane, on part en direction du Texas. On n'a pas réservé notre hébergement alors que c'est le week-end de Memorial day, erreur !! car c'est un jour férié important. Le Motel 6 est aussi cher qu'un hôtel... On va faire du camping les prochaines fois !

Nous arrivons à San Antonio, ville historique. Pas vraiment connue des français, cette ville texane est réputée pour l'héritage espagnol et indien ainsi que pour son fort Alamo. Ça vous dit quelque chose ? On en reparle plus tard...

On commence par la découverte d'une des missions installées au début du XVIIIème siècle par des moines franciscains espagnols, sur le bord de la rivière San Antonio. C'est un peu à l'extérieur de la ville. On y va avec le bus 42, arrêt "Mission San José".



L'église, côté sud.
Des travaux de restauration ont été effectués il y a peu et des rangers nous accueillent au centre d'information du parc historique. On décide de suivre une visite guidée. Le ranger nous explique les différents objectifs de ces missions catholiques :

Tout d'abord, elles servaient de postes d'avant-garde à la frontière de la Louisiane française. Des "Presidio", ou forts, assuraient la défense des lieux en cas de problèmes.

Ensuite, les missions servaient aussi l'idéal catholique en convertissant les petites tribus d'Indiens dispersées alentour. Les moines, pour le compte de la couronne d'Espagne, leur apprenaient également leur langue et leur offrait la protection de l'enceinte de la mission contre les raids des Indiens nomades Comanches et Apaches (qui avaient l'avantage des chevaux et de grandes tribus à nourrir).
L'église de la Mission
Détail de la façade Baroque.

Les murs étaient recouverts de chaux peinte de motifs colorés.
Les portes de la Mission :


Les habitations se situaient directement dans le mur d'enceinte :


Enfin, les Franciscains apportaient une technologie, des outils, des savoir-faire européens, inconnus des familles indiennes.

Les canaux font partie de la technologie espagnole amené dans le Nouveau Monde...
... Avec le moulin à eau, le four, etc.
C'est ainsi qu'une sorte de société médiévale s'est créée sur ces territoires. Quatre murs d'enceinte, des fermiers, des forgerons, des tisseurs, étaient assistés par les moines afin de partager profitablement leur temps entre la prière, le travail et les repas pris en communauté. Une société idéale selon les espagnols...

Le plan dessiné de la Mission.
Pour les Indiens en question, il a fallu passer du statut de petits agriculteurs à fermiers organisés en village. Elever du bétail, apprendre à construire des bâtiments en pierre, manier une arme à feu (pour la défense de la mission), creuser des petits canaux d'irrigation ("acequias" en espagnol) et faire fonctionner des moulins, les Indiens devaient savoir faire tout cela.

Malheureusement, la Mission San José n'atteignit pas son but d'obtenir un village autonome en 10 ans, rempli d'Indiens, citoyens espagnols modèles, propriétaires officiels de parcelles cultivables et allant à la messe tous les dimanches. En effet, 70 % des Indiens sont morts de maladies véhiculées par les Européens et leur bétail. N'ayant aucune défense immunitaire contre la vérole et autres épidémies, ils mourraient plus vite qu'ils ne constituaient une famille.

Les moines franciscains pour leur part étaient autant des explorateurs que des cartographes, diplomates, scientifiques, observateurs et chroniqueurs. Ils étaient surtout d'une grande aide pour promouvoir la culture espagnole dans le nouveau monde.

La Mission San José était la Mission mère par rapport aux 7 autres construites alentour. Edifiée en 1720, elle connu un âge d'or entre 1747 et 1775 avec 300-350 Indiens/frères. Les missions dans leur ensemble aidèrent à la fondation de la ville de San Antonio.

Autres points de vue photographiques :





Retour à San Antonio, ville essentiellement touristique. Pour preuve les innombrables restaurants, bars, boutiques de souvenirs... et touristes en bermuda-casquette !

Tour d'horizon sur la place du Fort Alamo :


Le Fort Alamo est aujourd'hui géré par Les Filles de la République (association de femmes blanches du sud, héritières des premiers planteurs, cf. le livre "La Couleur des sentiments".) Il ne reste plus grand chose de cette ancienne Mission construite en 1724 et sécularisée en 1793.

L'église.
La Mission servit ensuite de fort. Les révolutionnaires puis les royalistes mexicains l'ont occupé ainsi que l'armée du Mexique. L'épisode du film "Alamo" se passe en 1836, lorsque les Texans prennent le fort aux troupes mexicaines puis le défendent contre les troupes du général Santa Anna (élu Président mais qui annula la Constitution pour rester au pouvoir !) Du côté des Texans, il y avait David Crocket (interprété dans le film par John Wayne), trappeur célèbre mais aussi élu du Tennessee au Congrès. Après 13 jours de siège et d'âpres batailles les 200 volontaires Texans se sont fait massacrer. Seuls quelques veuves et orphelins ont survécu. Alamo est aujourd'hui bien entendu repassé aux mains des Texans, belle revanche. Il représente pour eux le sacrifice ultime de leurs ancêtres pour la liberté (plus exactement, les ancêtres en question voulaient annexer ce territoire immense et fertile). Si vous le trouvez, il y a à l'intérieur des restes du fort un musée sur l'histoire du lieu et du Texas. On a surtout aimé les 4 grands panneaux récapitulatifs de l'histoire, des premières Missions aux événements modernes, qui se trouvent à la sortie du site. C'est en les lisant qu'on a appris que Napoléon avait forcé les espagnols à lui rendre la Louisiane en 1800 pour pouvoir la vendre aux américains en 1803. Pour ce faire, il avait capturé le roi d'Espagne, Ferdinand VII, pour mettre à sa place son propre frère !

Nous profitons du Riverwalk de San Antonio pour nous balader le long des berges aménagées de cafés et restaurants. Un univers animé et bruyant, bondé à l'heure du dîner (dès 17h30 pour les américains !) Des barges de croisière se vident et s'emplissent de touristes sans discontinuer :


On voit beaucoup de militaires en permission. Qu'ont-ils fait de leur journée ? Réponse : des achats, boire des bières avec leurs amis et leurs familles. On ne sait pas si c'est la proximité de la frontière mexicaine mais il y a des camps d'entrainement et des zones militaires importantes autour de San Antonio.

La ville relève un défi de taille pour les nord-américains, la gestion des voitures : pas de places de parking dans la rue mais des parkings payants sur plusieurs étages. Les piétons ont ainsi un maximum de place et sont encouragés à marcher, à prendre le bus ou à pédaler. En effet, les Vélov' de Lyon ont fait des petits :


Comme nous sommes en mode exploration on remarque que la nature s'invite en ville :
Long-tailed Gracle, mère et fils.
Et on termine par cet adorable groupe de canetons :



C'est tout pour cette première étape. La semaine prochaine on reste au Texas mais on va dans un Parc National, le peu connu Guadalupe Mountains N.P. A bientôt !